Plus on a d'enfants, plus nos nuits sont-elles blanches? C'est en tout cas ce que j'ai pu constater la nuit dernière.
Récapitulons.
On récupère le Cracoucas à 17h à la crèche, tout palôt.
Selon la tatale de service, il a été malade pendant la sieste, mais il va mieux maintenant. A surveiller....
Et de fait, à peine a-t-on franchi le pas de la porte que Monsieur Cracouc devient vert...et vomit "pa'tout pa'tout" comme il nous crie, effaré de ce qui est en train de lui arriver....
On enferme la Dragounette dans sa chambre histoire qu'elle ne se choppe rien, on nettoie par terre, les vêtements du Cracoucas et de J. (sur qui le Cracoucas a un peu débordé - pa'tout, pa'tout, je vous dis...) et hop, le Cracouc au lit.
Bon, la soirée se passe plutôt bien. Le Cracoucas se relève plus tard pour prendre un bain et dîner (du riz nature et de la pomme rapée).
On passe donc la soirée à regarder un peu la télé...je fais de temps en temps la vache pour Dragounette qui, elle, a visiblement un excellent appétit...
Et vers 0h30, je me couche, après avoir lancé une machine, nettoyé un peu la cuisine et bouquiné quand même un peu. Et c'est parti pour une merveilleuse nuit blanche...
1h -> J. qui travaillait remonte...Je dors tellement bien que je l'entends à peine
1h30 -> tirée de mon profond sommeil par des cris: "maman, papa!!!". On accourt tous les 2...trop tard. Du vomi plein le lit du Cracoucas.
Changement de draps, de pyjama du Cracoucas ET de son père (sais pas comment il fait celui là pour constamment être la cible de son fils), je nettoie le lit, je recouche le Cracouc qui refuse de se rendormir. Discussions interminables pour le convaincre que c'est la nuit, et que tout le monde doit dormir. Il capitule enfin, à la condition que nous lui lisions une histoire. Vite vite une petite histoire, bisou, dodo mon chéri à demain.
Ouf!
Je file à la salle de bain, je vide la machine que j'avais lancée, j'en lance une autre (les pyj et les draps pleins de vomi - pas envie de retrouver tout ça le lendemain matin).
J. m'aide à étendre le linge.
2h15 -> on se recouche enfin...mais le babyphone se réveille dangereusement. Déjà l'heure de la vache? Autant y aller tout de suite plutôt que de m'endormir et de me réveiller d'ici qq minutes.
Je traverse l'appart, j'entre dans la chambre de Dragounette....fausse alerte, elle dort à poings fermés.
2h20 -> je me recouche et je m'endors comme une masse.
2h30-> quoi? qu'est-ce que c'est??? AAAaaaaarrrgh! Le babyphone encore. Cette fois, c'est la bonne. Les yeus juste assez entre ouverts pour ne pas me prendre une porte dans la figure, je retraverse l'appart.
2h31 -> nous voilà installées pour la tétée...j'ai un mal fou à garder ma tête droite, elle ne fait que tomber...et visiblement, je m'endors.
2h45 -> je me réveille, Dragounette dans les bras, apparemment repue.
2h46 -> après avoir délicatement reposé la Dragounette dans son lit, j'éteinds la petite lampe de chevet, je me cogne très fort le petit orteil contre le pied du futon, je me retiens de ne pas jurer en hurlant et je file au lit.
2h47 -> hurlements dans le babyphone....tiens, ben elle n'était pas repue, alors....
2h48 -> je retourne dans sa chambre et lui propose mon 2e sein, qu'elle accepte immédiatement.
3h-> elle a terminé. Je la change, je la garde un peu dans les bras attendant un éventuel rot (qui ne vient pas). Elle se rendort, je la repose dans son lit, j'éteinds la lumière, je me cogne le même orteil contre le même pied du futon, cette fois, je jure un peu mais tout bas.
3h05, j'arrive à mon lit, je prends la couette et....hurlements dans le babyphone. Chemin inverse, donc, pour filer aider à faire passer un rot qui a du mal visiblement. Je berce Dragounette, j'attends d'être sûre qu'un autre rot ne s'annonce pas...
3h15 -> je me recouche et je m'endors comme une masse.
6h-> hurlements dans le babyphone. C'est une blague?
Pffff j'arrive plus à bouger, même pas un petit doigt, rien, trop naze!
6h05-> J. m'apporte Dragounette au lit. Sans même ouvrir un oeil, je lève mon pyj, je la branche et me rendors. Au diable les grands discours anti co-dodo certainement inventés par des gens qui n'ont jamais été fatigués.
7h -> le réveil sonne, on doit ABSOLUMENT se lever puisqu'on a RV chez le pédiatre pour Dragounette...Et quo'n aimerait profiter de l'occasion pour faire examiner le Cracoucas.
Personne ne se réveille.
8h -> des appels provenant de la chambre d'à côté "maman, maman!!" me tirent de mon sommeil. Dragounette dort encore à côté de moi.
Je me lève avec beaucoup de peine.
Parlementations pour faire sortir le Cracoucas de son lit. Je lui explique qu'il va avoir un biberon d'eau et pas de lait (pas envie qu'il nous vomisse dessus, hein). MALHEUR!!! Qu'ai-je fait?
Une furie se déchaine....et impossible de faire quoi que ce soit...
Donc 8h à 8h30: on habille Dragounette, je tente d'avaler ma tasse de café, on essaie chacun à notre tour d'habiller le Cracoucas qui se débat tant qu'il peut, mission impossible: il faut que je me trouve des habits propres, pas trop froissés et surtout dans lesquels je ne sois pas trop boudinée....
Bon, on y arrive: finalement j'autorise un mini bib de lait et je passe de force les bras du Cracoucas dans son t-shirt (je m'en sors avec juste qq bleus et griffures), je retrouve un pantacourt un peu large au fond d'une armoire, ça fera l'affaire (espérons qu'il fasse beau aujorud'hui, histoire que je n'ai pas l'air trop cloche...) et hop...
...8h30 - ON EST PARTIS...
(9h, on arrive dans la salle d'attente du pédiatre, pile à l'heure....et je m'aperçois que dans l'urgence, j'ai oublié de nourrir la Dragounette....tant pis, elle attendra...)
Eh bien, mine de rien, malgré les cernes, les petites engueulades dûes à la fatigue du moment et euh...le fait que mes enfants n'ont pas (ou peu) été nourris ce matin (ne parlons pas des parents qui eux, à part mon café rapidement avalé, ont l'estomace vide)...bref, malgré tout ça...on commence à s'en sortir assez bien, non?
Même pas en retard chez le ped!
Bon, ils font la sieste tous les 2, je vais en profiter pour en faire de même....
Wednesday, September 20, 2006
Monday, September 04, 2006
Naissance d'une petite Dragounette mignonette.
Tout commence en fait le mardi 29 août. Le Cracoucas est à la crèche, j'ai un RV avec une copine qui fait également partie du club des grosses baleines pour le déjeuner.
Etant donné qu'il ne fait pas trop trop dégueu, je décide de m'y rendre à pied...il est moins une quand j'arrive au lieu de rendez-vous: il se met à pleuvoir à torrents.
Bref. Déjeuner assez sympa. Ma copine me trouve en pleine forme et me dit 'ah làlà, si tu pouvais rester comme ça jusqu'à la fin, ce serait super pour toi!' j'ai un petit sourire parce que curieusement, je sens que 'la fin' est proche. J'ai tout à coup l'intime conviction que les choses vont bouger assez rapidement.
Je ne suis pourtant qu'à 38SA....
Dans le courant de l'après-midi, J. m'appelle pour m'annoncer qu'il doit se rendre à Londres le lendemain. Sur le ton de la rigolade, je lui annonce donc que j'accoucherai certainement en son absence...Enfin, comme je l'ai dit, je ne suis qu'à 38 semaines, j'ai encore le temps en fait. Mais visiblement, je ne suis pas en confiance...Et j'appelle ma mère pour lui annoncer qu'elle risque d'assister le lendemain pour la 2e fois à l'accouchemen d'une de ses filles....(pour la petite histoire, il y a 2 ans, alors que le Cracoucas avait 3 semaines, ma soeur a accouché d'une petite fille...sans son mari qui était à l'étranger pour des raisons professionnelles. C'est donc ma mère qui est restée avec elle pendant l'accouchement...)
Ce jour-là, ma BM avait justement proposé de prendre le Cracoucas pour la nuit et la journée du lendemain. Une fois Monsieur Cracouc livré à sa 'Many' comme il l'appelle, on décide d'aller au resto. Resto sympa...marrant, je rappelle à J. que justement, on était là 2 jours avant la naissance du Cracoucas, l'histoire se répéterait-elle? Non non, je ne veux pas y croire parce que je ne veux certainement pas accoucher alors que J. est à Londres.
Je ne me sens pas en pleine forme (mal au ventre mais pas de contraction) et on décide d'écourter la soirée.
Pendant la nuit, je me réveille plusieurs fois. Toujours un mal de ventre, mais j'ai plus l'impression que je digère mal qu'autre chose...et je continue à refuser de croire que c'est ça.
Le lendemain matin, J. part aux aurores. Alors qu'il se prépare et que je termine ma nuit, je sens bien qq contractions, mais je ne lui dis rien, ça ne sert à rien de la paniquer alors qu'il doit partir.
En revanche, une fois qu'il est parti, c'est moi qui me mets à paniquer: contractions toutes les 1/2heures. Je me lève...je traine...et vers 11h, voilà que j'ai des contractions toutes les 10 minutes....oups
Je fonce sur internet, ça tombe bien, ma grande soeur est connectée....elle, évidemment, ravie, m'annonce que je vais accoucher. Moi: "mais non, c'est certainement un faux travail" et hop, une autre contraction...euh...j'vais peut être appeler ma mère, c'est plus sûr.
J'annonce donc à ma mère que j'arrive chez elle. Elle insiste pour venir me chercher (elle doit avoir peur que j'accouche dans le tram) - selon elle, il vaut mieux que je passe la journée chez elle à 2 pas de la mat.
Et voilà que les contractions s'espacent...j'avais bien dit: C'EST UN FAUX TRAVAIL!
Entre temps, je suis en contact permanent avec J. par sms (et je suis furax qu'il soit parti...).
Et voilà comment se passe ma journée: contraction parfois toutes les heures, parfois toutes les 10mn, sms à J. et ma soeur qui ne cessent de m'en envoyer 'alors alors alors????'
Vers 17h30, ma BM m'appelle pour me ramener le Cracoucas. Je ne lui dis rien, pas envie de l'inquiéter. Je lui dis donc simplement que je suis passée chez ma mère et qu'elle peut déposer le Cracoucas là (ce qui l'arrange puisque c'est bcp plus près de chez elle que si elle devait le ramener à la maison)
Monsieur Cracouc arrive donc...ma BM part....et les contractions s'intensifient. Malin! Si c'était arrivé dans un autre ordre, j'aurais demandé à BM de le garder avec elle.
Enfin, trop tard. Et je sens qu'il faudrait peut être que j'aille à la mat voir ce qu'il en est.
Heureusement, justement cette semaine là, ma mère héberge une étudiante, fille d'un de ses amis, de passage à Bruxelles pour passer des examens.
Je fais diner le Cracoucas(pas dupe, tout à coup, il refuse que je quitte la pièce - il sent que quelque chose se trame). Je le couche. Et on file à la mat, laissant mon Cracouc avec l'étudiante.
A l'accueil, on me de de monter tout de suite au 3e étage.
Et là, on se croirait dans un film de Mr. Bean: j'appelle l'ascenseur...lorsqu'il arrive, je me dirige vers la porte, et hop, elle se referme devant moi. Je rappelle, un autre ascenseur arrive, je m'y dirige, et hop, rebelotte, la porte se ferme devant mon nez ;-) les contractions m'empêchent d'aller plus vite et ce petit jeu dure bien 5 mn où ma mère et moi 'courons' vers un ascenseur pour le voirse refermer devant nous. Evidemment, on est explosées de rire, ce qui n'arrange pas mes contractions :D
Pour finir, on change de tactique: on reste devant un seul ascenseur et on attend sagement qu'il arrive. ouf! ça marche!
Tout compte fait,ous voilà ENFIN au 3e étage :D
Je sonne à la sonnette spéciale 'femme qui accouche'.
"oui?" demande une voix dans l'interphone
"euh...je crois que je vais accoucher"
"j'arrive"
Apparait alors une femme d'origine africaine, d'une 50aine d'années, qui me regarde d'un air suspicieux...elle nous emmène dans une salle de travail, se tourne vers nous et me dit "racontez moi"
Alors je lui explique le coup des contractions qui ne sont pas régulières (et qui sont drôlement supportables) mais qui sont là depuis le matin. Mais que c'est pas le moment: je suis à 38,1SA et en plus, ni mon mari, ni mon gygy ne sont à Bruxelles.
Elle n'a pas l'air convaincue: "les femmes qui viennent pour accoucher en général ne sont pas dans cet état là..." me dit-elle - parait que je suis "trop" en forme.
Moi, j'ai qu'une envie: qu'elle vérifie mon col, je suis sûre qu'il est déjà bien ouvert. Et qu'une peur: qu'elle me renvoit chez moi sans rien faire.
Heureusement, elle regarde mon col: ouvert à 4. Elle me met sous monitoring, part appeler le remplaçant de mon gyné et revient m'annoncer que celui-ci demande de me garder un peu, le temps de voir avec le monitoring ce qui se passe.
Ouf!
Elle nous laisse. On appelle "Cargo", l'étudiante que le Cracouc a baptisé ainsi, qui nous annonce que Monsieur dort comme un ange, ce qui me donne envoe de pleurer...mon pauvre bébé ne sait pas ce qui l'attend, je ne l'ai peut être pas assez préparé, il est encore petit....bref, une avalanche de doutes m'assaille.
Heureusement, mon chevalier servant dans son armure dorée (euh...mon mari pas rasé fraichement sorti du train...) arrive. Ce qui me rend le sourire.
La SF revient et m'annonce qu'on me garde: les contractions ont beau être supportables et irrégulières, elles sont bien là et efficaces. Ma tête! ben ouais, tout à coup, je réalise: Dragonou arrive...
La SF s'en va, J. profite que ma mère soit toujours là pour filer à la maison chercher ma valise (dans l'urgence et les doutes du matin, je n'avais pris que le sac pour la salle d'accouchement) et moi, je râle de n'avoir pas pu dîner avant.
Et pendant ce temps, les contractions deviennent plus intenses (mais rien comparé à ce que j'ai vécu lorsque le Cracoucas est né)
A force, avec tout ça, il doit bien être 23h quand J. revient et que ma mère s'en va.
Entre temps, il pleut des sms: les nouvelles vont vite apparemment, tout le monde est au courant que Dragonou arrive...mon amie Anabelle m'en envoit même un d'Espagne à 1 heure du ma...
A 23h15, je commence à trouver que la péri serait la bienvenue. Justement, voilà la SF, qui regarde mon col: 5-6 (pfffff seulement???) Elle m'annonce alors que pour la péri, va falloir attendre et surtout me refaire une pds: les résultats ne figurent pas sur la feuille de liaison que je leur ai apporté.
Bon...bah, pas le choix, hein.
On patiente en écoutant de la musique.
A minuit, on me pose enfin la péri...il était temps. Petit coup de fou rire en voyant l'anesthésiste arriver, il me fait penser à quelqu'un que je connais et j'arrive plus à garder mon sérieux...ça n'arrange pas les contractions :. Déjà, plus tôt, ma mère et J. m'avaient tellement fait rire que j'avais perdu les capteurs du monito...c'est malin!
Enfin, péri posée, c'est le calme - j'en profite pour faire du PDC (que j'avais apporté pour passer le temps chez ma mère)...puis je m'épile les sourcils (ben oui, je vais avoir de la visite pendant mon séjour alors autant que je ne sois pas trop moche).
On trouve que la SF 'tranquille' ne se presse pas trop et ne vient pas tellement voir comment ça avance :roule: et moi, je sens que ça commence à pousser :{
Et la voilà justement, vers 1h30 qui arrive et me dit, sans m'ausculter, "je crois que votre col est ouvert à 9 et que vous accoucherez entre 2h et 2h30" bah, comment elle sait ça? ...n'importe quoi, hein, il est 1h30, impossible que j'arrive à dilatation complète ET que je pousse etc en 1h maxi, IMPOSSIBLE, je vous le dis...
Elle m'ausculte et en effet, elle a raison: 9cm d'ouverture!
Elle m'annonce alors qu'elle va rapeler le gyné et ma kiné et que quand ils seront là, je serai à dilatation complète. ET ELLE A RAISON!
A 2h quand ils arrivent tous, sans même m'ausculter, on se prépare à m'emmener en salle d'accouchement. Arrivés là: en effet, je suis à dilatation complète. La SF m'explique alors qu'elle n'a pas besoin d'ausculter, elle sent ce genre de choses. ;-)
Pendant que le gyné se prépare, la kiné me fait pousser une fois 'pour s'entrainer'. Voilà le gyné. La kiné me dit alors "allez, on le fait en 3 coups, ok?"
Moi "ok, je veux bien tenter" sauf que dans ma tête, c'est pas ça que je me dis, c'est plutôt "dans tes rêves, ma vieille...la dernière fois, ça a duré 1h! Alors 3 coups, ça m'étonnerait, tiens!"
Et pourtant....je pousse une fois....je pousse une 2e fois, on me demande d'arrêter...je pousse une 3e fois et le gyné me dit "venez le chercher"
moi: "euh chercher quoi?"
"bah votre bébé, tiens!"
"mon bébé? mais c'est pas possible, il est pas déjà là quand même?"
"si si, regardez..."
Et en effet, je me soulève un peu et je vois une mini crevette que j'attrappe et que je pose sur mon ventre.
La seule chose que j'arrive à dire c'est "mais, il est tout petit, ce bébé" la voix tremblotante d'émotion d'avoir cette mini boule toute chaude dans les bras. J. coupe le cordon, il est 2h36 (trop forte, la SF!)...et c'est là que je réalise qu'on ne sait toujours pas ce que c'est...je demande...la kiné me dit "mais, tu ne savais pas ce que c'était?" ben non..."eh bien regarde, alors", je soulève la couverture qu'ils ont mise sur mon dragonou...et n'en croyant pas mes yeux, je dis d'une toute petite voix "c'est....une fille". J'ose pas le dire trop fort de peur de m'être trompée....alors je reregarde encore 2 fois pour être sûre...mais oui, ça a bien l'air d'être une fille...Malin, pendant toute la soirée, on avait enfin réussi à se mettre d'accord pour le prénom du garçon, mais pour finir, on n'avait pas terminé de choisir le prénom de la fille.
Petite pause de peau à peau.
On fait un don de sang de cordon, le gyné me fait un petit point (mini déchirure) on me prend ma mini dragounette pour la peser et la mesurer...
Nouveau principe dans ma mater: on n'habille plus le bébé immédiatement, on attend qq heures, le temps de faire un vrai, long peau à peau.
Moi qui trouve les nouveau nés laids, ben elle est trop belle, ma fille (comme son frère ;-) ). Elle sent la brioche toute chaude en plus...
Et voilà....on me conduit à ma chambre, une superbe chambre dans une aile de la mat qui vient d'être refaite. Très jolie...mais pas de télé (j'avoue que ça m'a un peu manqué, la télé a un caractère soporifique non négligeable pour moi...ça me permet de faire de merveilleuses siestes - surtout pendant les Feux de l'amour - que je n'aurai donc pas pu faire à la mat :D)
Et nous voilà, tous les 3 à faire connaissance....pfff ça m'émeut de me souvenir de tout ça.
J. rentre dormir qq heures, la journée du lendemain sera longue, ça ne sert à rien que nous soyons tous les 2 sur les rotules.
Moi, impossible de dormir, j'admire Dragounette sans me lasser et j'attends impatiemment qu'il soit une heure suffisamment décente pour prendre mon téléphone et partager mon bonheur avec tout le monde....
Etant donné qu'il ne fait pas trop trop dégueu, je décide de m'y rendre à pied...il est moins une quand j'arrive au lieu de rendez-vous: il se met à pleuvoir à torrents.
Bref. Déjeuner assez sympa. Ma copine me trouve en pleine forme et me dit 'ah làlà, si tu pouvais rester comme ça jusqu'à la fin, ce serait super pour toi!' j'ai un petit sourire parce que curieusement, je sens que 'la fin' est proche. J'ai tout à coup l'intime conviction que les choses vont bouger assez rapidement.
Je ne suis pourtant qu'à 38SA....
Dans le courant de l'après-midi, J. m'appelle pour m'annoncer qu'il doit se rendre à Londres le lendemain. Sur le ton de la rigolade, je lui annonce donc que j'accoucherai certainement en son absence...Enfin, comme je l'ai dit, je ne suis qu'à 38 semaines, j'ai encore le temps en fait. Mais visiblement, je ne suis pas en confiance...Et j'appelle ma mère pour lui annoncer qu'elle risque d'assister le lendemain pour la 2e fois à l'accouchemen d'une de ses filles....(pour la petite histoire, il y a 2 ans, alors que le Cracoucas avait 3 semaines, ma soeur a accouché d'une petite fille...sans son mari qui était à l'étranger pour des raisons professionnelles. C'est donc ma mère qui est restée avec elle pendant l'accouchement...)
Ce jour-là, ma BM avait justement proposé de prendre le Cracoucas pour la nuit et la journée du lendemain. Une fois Monsieur Cracouc livré à sa 'Many' comme il l'appelle, on décide d'aller au resto. Resto sympa...marrant, je rappelle à J. que justement, on était là 2 jours avant la naissance du Cracoucas, l'histoire se répéterait-elle? Non non, je ne veux pas y croire parce que je ne veux certainement pas accoucher alors que J. est à Londres.
Je ne me sens pas en pleine forme (mal au ventre mais pas de contraction) et on décide d'écourter la soirée.
Pendant la nuit, je me réveille plusieurs fois. Toujours un mal de ventre, mais j'ai plus l'impression que je digère mal qu'autre chose...et je continue à refuser de croire que c'est ça.
Le lendemain matin, J. part aux aurores. Alors qu'il se prépare et que je termine ma nuit, je sens bien qq contractions, mais je ne lui dis rien, ça ne sert à rien de la paniquer alors qu'il doit partir.
En revanche, une fois qu'il est parti, c'est moi qui me mets à paniquer: contractions toutes les 1/2heures. Je me lève...je traine...et vers 11h, voilà que j'ai des contractions toutes les 10 minutes....oups
Je fonce sur internet, ça tombe bien, ma grande soeur est connectée....elle, évidemment, ravie, m'annonce que je vais accoucher. Moi: "mais non, c'est certainement un faux travail" et hop, une autre contraction...euh...j'vais peut être appeler ma mère, c'est plus sûr.
J'annonce donc à ma mère que j'arrive chez elle. Elle insiste pour venir me chercher (elle doit avoir peur que j'accouche dans le tram) - selon elle, il vaut mieux que je passe la journée chez elle à 2 pas de la mat.
Et voilà que les contractions s'espacent...j'avais bien dit: C'EST UN FAUX TRAVAIL!
Entre temps, je suis en contact permanent avec J. par sms (et je suis furax qu'il soit parti...).
Et voilà comment se passe ma journée: contraction parfois toutes les heures, parfois toutes les 10mn, sms à J. et ma soeur qui ne cessent de m'en envoyer 'alors alors alors????'
Vers 17h30, ma BM m'appelle pour me ramener le Cracoucas. Je ne lui dis rien, pas envie de l'inquiéter. Je lui dis donc simplement que je suis passée chez ma mère et qu'elle peut déposer le Cracoucas là (ce qui l'arrange puisque c'est bcp plus près de chez elle que si elle devait le ramener à la maison)
Monsieur Cracouc arrive donc...ma BM part....et les contractions s'intensifient. Malin! Si c'était arrivé dans un autre ordre, j'aurais demandé à BM de le garder avec elle.
Enfin, trop tard. Et je sens qu'il faudrait peut être que j'aille à la mat voir ce qu'il en est.
Heureusement, justement cette semaine là, ma mère héberge une étudiante, fille d'un de ses amis, de passage à Bruxelles pour passer des examens.
Je fais diner le Cracoucas(pas dupe, tout à coup, il refuse que je quitte la pièce - il sent que quelque chose se trame). Je le couche. Et on file à la mat, laissant mon Cracouc avec l'étudiante.
A l'accueil, on me de de monter tout de suite au 3e étage.
Et là, on se croirait dans un film de Mr. Bean: j'appelle l'ascenseur...lorsqu'il arrive, je me dirige vers la porte, et hop, elle se referme devant moi. Je rappelle, un autre ascenseur arrive, je m'y dirige, et hop, rebelotte, la porte se ferme devant mon nez ;-) les contractions m'empêchent d'aller plus vite et ce petit jeu dure bien 5 mn où ma mère et moi 'courons' vers un ascenseur pour le voirse refermer devant nous. Evidemment, on est explosées de rire, ce qui n'arrange pas mes contractions :D
Pour finir, on change de tactique: on reste devant un seul ascenseur et on attend sagement qu'il arrive. ouf! ça marche!
Tout compte fait,ous voilà ENFIN au 3e étage :D
Je sonne à la sonnette spéciale 'femme qui accouche'.
"oui?" demande une voix dans l'interphone
"euh...je crois que je vais accoucher"
"j'arrive"
Apparait alors une femme d'origine africaine, d'une 50aine d'années, qui me regarde d'un air suspicieux...elle nous emmène dans une salle de travail, se tourne vers nous et me dit "racontez moi"
Alors je lui explique le coup des contractions qui ne sont pas régulières (et qui sont drôlement supportables) mais qui sont là depuis le matin. Mais que c'est pas le moment: je suis à 38,1SA et en plus, ni mon mari, ni mon gygy ne sont à Bruxelles.
Elle n'a pas l'air convaincue: "les femmes qui viennent pour accoucher en général ne sont pas dans cet état là..." me dit-elle - parait que je suis "trop" en forme.
Moi, j'ai qu'une envie: qu'elle vérifie mon col, je suis sûre qu'il est déjà bien ouvert. Et qu'une peur: qu'elle me renvoit chez moi sans rien faire.
Heureusement, elle regarde mon col: ouvert à 4. Elle me met sous monitoring, part appeler le remplaçant de mon gyné et revient m'annoncer que celui-ci demande de me garder un peu, le temps de voir avec le monitoring ce qui se passe.
Ouf!
Elle nous laisse. On appelle "Cargo", l'étudiante que le Cracouc a baptisé ainsi, qui nous annonce que Monsieur dort comme un ange, ce qui me donne envoe de pleurer...mon pauvre bébé ne sait pas ce qui l'attend, je ne l'ai peut être pas assez préparé, il est encore petit....bref, une avalanche de doutes m'assaille.
Heureusement, mon chevalier servant dans son armure dorée (euh...mon mari pas rasé fraichement sorti du train...) arrive. Ce qui me rend le sourire.
La SF revient et m'annonce qu'on me garde: les contractions ont beau être supportables et irrégulières, elles sont bien là et efficaces. Ma tête! ben ouais, tout à coup, je réalise: Dragonou arrive...
La SF s'en va, J. profite que ma mère soit toujours là pour filer à la maison chercher ma valise (dans l'urgence et les doutes du matin, je n'avais pris que le sac pour la salle d'accouchement) et moi, je râle de n'avoir pas pu dîner avant.
Et pendant ce temps, les contractions deviennent plus intenses (mais rien comparé à ce que j'ai vécu lorsque le Cracoucas est né)
A force, avec tout ça, il doit bien être 23h quand J. revient et que ma mère s'en va.
Entre temps, il pleut des sms: les nouvelles vont vite apparemment, tout le monde est au courant que Dragonou arrive...mon amie Anabelle m'en envoit même un d'Espagne à 1 heure du ma...
A 23h15, je commence à trouver que la péri serait la bienvenue. Justement, voilà la SF, qui regarde mon col: 5-6 (pfffff seulement???) Elle m'annonce alors que pour la péri, va falloir attendre et surtout me refaire une pds: les résultats ne figurent pas sur la feuille de liaison que je leur ai apporté.
Bon...bah, pas le choix, hein.
On patiente en écoutant de la musique.
A minuit, on me pose enfin la péri...il était temps. Petit coup de fou rire en voyant l'anesthésiste arriver, il me fait penser à quelqu'un que je connais et j'arrive plus à garder mon sérieux...ça n'arrange pas les contractions :. Déjà, plus tôt, ma mère et J. m'avaient tellement fait rire que j'avais perdu les capteurs du monito...c'est malin!
Enfin, péri posée, c'est le calme - j'en profite pour faire du PDC (que j'avais apporté pour passer le temps chez ma mère)...puis je m'épile les sourcils (ben oui, je vais avoir de la visite pendant mon séjour alors autant que je ne sois pas trop moche).
On trouve que la SF 'tranquille' ne se presse pas trop et ne vient pas tellement voir comment ça avance :roule: et moi, je sens que ça commence à pousser :{
Et la voilà justement, vers 1h30 qui arrive et me dit, sans m'ausculter, "je crois que votre col est ouvert à 9 et que vous accoucherez entre 2h et 2h30" bah, comment elle sait ça? ...n'importe quoi, hein, il est 1h30, impossible que j'arrive à dilatation complète ET que je pousse etc en 1h maxi, IMPOSSIBLE, je vous le dis...
Elle m'ausculte et en effet, elle a raison: 9cm d'ouverture!
Elle m'annonce alors qu'elle va rapeler le gyné et ma kiné et que quand ils seront là, je serai à dilatation complète. ET ELLE A RAISON!
A 2h quand ils arrivent tous, sans même m'ausculter, on se prépare à m'emmener en salle d'accouchement. Arrivés là: en effet, je suis à dilatation complète. La SF m'explique alors qu'elle n'a pas besoin d'ausculter, elle sent ce genre de choses. ;-)
Pendant que le gyné se prépare, la kiné me fait pousser une fois 'pour s'entrainer'. Voilà le gyné. La kiné me dit alors "allez, on le fait en 3 coups, ok?"
Moi "ok, je veux bien tenter" sauf que dans ma tête, c'est pas ça que je me dis, c'est plutôt "dans tes rêves, ma vieille...la dernière fois, ça a duré 1h! Alors 3 coups, ça m'étonnerait, tiens!"
Et pourtant....je pousse une fois....je pousse une 2e fois, on me demande d'arrêter...je pousse une 3e fois et le gyné me dit "venez le chercher"
moi: "euh chercher quoi?"
"bah votre bébé, tiens!"
"mon bébé? mais c'est pas possible, il est pas déjà là quand même?"
"si si, regardez..."
Et en effet, je me soulève un peu et je vois une mini crevette que j'attrappe et que je pose sur mon ventre.
La seule chose que j'arrive à dire c'est "mais, il est tout petit, ce bébé" la voix tremblotante d'émotion d'avoir cette mini boule toute chaude dans les bras. J. coupe le cordon, il est 2h36 (trop forte, la SF!)...et c'est là que je réalise qu'on ne sait toujours pas ce que c'est...je demande...la kiné me dit "mais, tu ne savais pas ce que c'était?" ben non..."eh bien regarde, alors", je soulève la couverture qu'ils ont mise sur mon dragonou...et n'en croyant pas mes yeux, je dis d'une toute petite voix "c'est....une fille". J'ose pas le dire trop fort de peur de m'être trompée....alors je reregarde encore 2 fois pour être sûre...mais oui, ça a bien l'air d'être une fille...Malin, pendant toute la soirée, on avait enfin réussi à se mettre d'accord pour le prénom du garçon, mais pour finir, on n'avait pas terminé de choisir le prénom de la fille.
Petite pause de peau à peau.
On fait un don de sang de cordon, le gyné me fait un petit point (mini déchirure) on me prend ma mini dragounette pour la peser et la mesurer...
Nouveau principe dans ma mater: on n'habille plus le bébé immédiatement, on attend qq heures, le temps de faire un vrai, long peau à peau.
Moi qui trouve les nouveau nés laids, ben elle est trop belle, ma fille (comme son frère ;-) ). Elle sent la brioche toute chaude en plus...
Et voilà....on me conduit à ma chambre, une superbe chambre dans une aile de la mat qui vient d'être refaite. Très jolie...mais pas de télé (j'avoue que ça m'a un peu manqué, la télé a un caractère soporifique non négligeable pour moi...ça me permet de faire de merveilleuses siestes - surtout pendant les Feux de l'amour - que je n'aurai donc pas pu faire à la mat :D)
Et nous voilà, tous les 3 à faire connaissance....pfff ça m'émeut de me souvenir de tout ça.
J. rentre dormir qq heures, la journée du lendemain sera longue, ça ne sert à rien que nous soyons tous les 2 sur les rotules.
Moi, impossible de dormir, j'admire Dragounette sans me lasser et j'attends impatiemment qu'il soit une heure suffisamment décente pour prendre mon téléphone et partager mon bonheur avec tout le monde....
Friday, September 01, 2006
Thursday, August 31, 2006
Tuesday, July 25, 2006
Vive les femmes enceintes
Le Cracoucas étant en vacances à la campagne avec sa grand-mère, j’en profite pour vous raconter un peu ma grossesse…
Enfin, pas spécialement ma grossesse en tant que telle…plutôt, un certain nombres de choses qui me font sourire/bondir/pleurer etc selon les circonstances et que j’ai donc décidé de répertorier.
Numérobis alias Dragonou étant prévu dans 2 mois – on peut dire que je suis à un stade avancé de ma grossesse…et que ces derniers mois, j’en ai entendu des vertes et des pas mûres.
Le palmarès, le voici.
- une femme que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam me demande il y a quelques semaines : "vous accouchez en septembre??? Eh bien, si vous êtes déjà si grosse à ce stade, vous feriez bien de faire attention, tout ce que vous allez prendre maintenant, ça ira dans les fesses!"
- une autre femme à qui je viens de dire que pour la 2e fois, je vais accoucher en septembre (le Cracoucas est aussi né en septembre): "mais pourquoi faites-vous ça??? Vous ne savez pas que c'est mieux d'avoir un bébé au printemps? Rien de pire que d'être enceinte en été et puis un congé de mat en hiver, c'est nul"
beh ouais, mais on ne choisit pas toujours, banane !
- le Coq (alors qu'il me connait depuis avant ma 1e grossesse et qu'il SAIT que je ne bois pas une goutte d'alcool quand je suis enceinte): "tu veux une bière?" bon, une fois, ça passe...mais là, ça fait 7 mois qu'il me demande A CHAQUE FOIS QUE JE LE VOIS! (bière, vin, apéro, tout y passe)
- Un type dans le métro debout à côté de moi, qui fait bien attention à me bousculer pour entrer avant moi et avoir la seule place assise qui soit libre....alors qu'un autre type me laisse sa place, le 'bousculeur' me dit "oh pardon, j'avais pas vu!"
ben alors, il doit pas avoir les yeux en face des trous, ce gars ou bien, il m'a confondue avec un mammouth et a dû penser qu'il rêvait parce que des mammouths dans le métro, ça n'existe pas!
- et je vous passe le Coq (encore lui) qui me demande s'il y en a 2 ou 3 dans mon ventre, une collègue qui demande à une autre si je suis bien sûre qu'il n'y en a qu'un seul
- sans compter les 'quoi, vous avez encore 2 mois à tenir! mais on dirait que vous allez accoucher sur place'
- ah et celle là : 'vous allez le nourrir?' (traduire: vous comptez allaiter?)
J'ai toujours envie de répondre 'non non, je compte l'affamer et on verra s'il arrive à se débrouiller tout seul'. Oui, parce que pour eux, les non allaitantes, elles font quoi à leur avis? Elles ne nourrissent pas leur bébé???
- et ma préférée…je pensais la première fois qu’on me l’a sortie, que celle là, je ne l’entendrais qu’une seule fois…Et pourtant, on me l’a ressortie il y a peu de temps….entendant que pour la 2e fois, j’accoucherai en septembre, on me dit « aaaah…vous faites l’amour qu’une seule fois par an, à Noël ? »
Bon, heureusement, la 2e fois qu’on me l’a sortie, celle là, ça tombait bien, j’étais préparée…j’ai répondu « non une fois tous les 2 ans, les années impaires ! »
....mais de quoi je me plains? Je devrais profiter de mon état gravide, bientôt, on me harcèlera avec des "Qu'elle est mignoooooonne!!" (euh....c'est un garçon) ou l'inverse...ou bien "Quoi, tu l'allaites encore, tu es sûre que c'est bon? Tu devrais lui donner de la viande" (à 2 mois??? MERVEILLEUSE idée, tiens), "oooooh comme elle a l'air éveillée!!!" (une manière polie d'éviter de dire qu'elle est belle alors que la personne la trouve moche?) etc... suite donc au mois de septembre.
Enfin, pas spécialement ma grossesse en tant que telle…plutôt, un certain nombres de choses qui me font sourire/bondir/pleurer etc selon les circonstances et que j’ai donc décidé de répertorier.
Numérobis alias Dragonou étant prévu dans 2 mois – on peut dire que je suis à un stade avancé de ma grossesse…et que ces derniers mois, j’en ai entendu des vertes et des pas mûres.
Le palmarès, le voici.
- une femme que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam me demande il y a quelques semaines : "vous accouchez en septembre??? Eh bien, si vous êtes déjà si grosse à ce stade, vous feriez bien de faire attention, tout ce que vous allez prendre maintenant, ça ira dans les fesses!"
- une autre femme à qui je viens de dire que pour la 2e fois, je vais accoucher en septembre (le Cracoucas est aussi né en septembre): "mais pourquoi faites-vous ça??? Vous ne savez pas que c'est mieux d'avoir un bébé au printemps? Rien de pire que d'être enceinte en été et puis un congé de mat en hiver, c'est nul"
beh ouais, mais on ne choisit pas toujours, banane !
- le Coq (alors qu'il me connait depuis avant ma 1e grossesse et qu'il SAIT que je ne bois pas une goutte d'alcool quand je suis enceinte): "tu veux une bière?" bon, une fois, ça passe...mais là, ça fait 7 mois qu'il me demande A CHAQUE FOIS QUE JE LE VOIS! (bière, vin, apéro, tout y passe)
- Un type dans le métro debout à côté de moi, qui fait bien attention à me bousculer pour entrer avant moi et avoir la seule place assise qui soit libre....alors qu'un autre type me laisse sa place, le 'bousculeur' me dit "oh pardon, j'avais pas vu!"
ben alors, il doit pas avoir les yeux en face des trous, ce gars ou bien, il m'a confondue avec un mammouth et a dû penser qu'il rêvait parce que des mammouths dans le métro, ça n'existe pas!
- et je vous passe le Coq (encore lui) qui me demande s'il y en a 2 ou 3 dans mon ventre, une collègue qui demande à une autre si je suis bien sûre qu'il n'y en a qu'un seul
- sans compter les 'quoi, vous avez encore 2 mois à tenir! mais on dirait que vous allez accoucher sur place'
- ah et celle là : 'vous allez le nourrir?' (traduire: vous comptez allaiter?)
J'ai toujours envie de répondre 'non non, je compte l'affamer et on verra s'il arrive à se débrouiller tout seul'. Oui, parce que pour eux, les non allaitantes, elles font quoi à leur avis? Elles ne nourrissent pas leur bébé???
- et ma préférée…je pensais la première fois qu’on me l’a sortie, que celle là, je ne l’entendrais qu’une seule fois…Et pourtant, on me l’a ressortie il y a peu de temps….entendant que pour la 2e fois, j’accoucherai en septembre, on me dit « aaaah…vous faites l’amour qu’une seule fois par an, à Noël ? »
Bon, heureusement, la 2e fois qu’on me l’a sortie, celle là, ça tombait bien, j’étais préparée…j’ai répondu « non une fois tous les 2 ans, les années impaires ! »
....mais de quoi je me plains? Je devrais profiter de mon état gravide, bientôt, on me harcèlera avec des "Qu'elle est mignoooooonne!!" (euh....c'est un garçon) ou l'inverse...ou bien "Quoi, tu l'allaites encore, tu es sûre que c'est bon? Tu devrais lui donner de la viande" (à 2 mois??? MERVEILLEUSE idée, tiens), "oooooh comme elle a l'air éveillée!!!" (une manière polie d'éviter de dire qu'elle est belle alors que la personne la trouve moche?) etc... suite donc au mois de septembre.
Friday, March 10, 2006
Ecouter le bébé
J'ai reçu un casque avant-hier. Relié à une espèce d'appareil stéthoscope à piles. C'est Gagish qui me l'a prêté. Y a que Gagish pour acheter ce genre de trucs
Parait qu'on peut entendre le coeur du bébé avec. Mais en 9 mois, elle ne l'a jamais entendu. C'est bien d'acheter un truc inutile (mais-euh! je te charrie, Gagish)
Toujours est-il que du coup, ben je l'ai essayé hein. J'ai bien entendu le mien de coeur, ça va il bat toujours. Cool
Par contre, au niveau du bidon, j'ai pu assister 'sonorellement' à la digestion des coquilles st jacques de mon dîner au resto pour l'anni de BM. Ca faisait de beaux gargouillis. Faut dire que j'ai pas l'habitude de manger comme ça.
Après, à défaut de trouver le coeur du bébé, j'ai écouté oufti, le chat. Ses ronronnements dans un stéthoscope à piles, c'est comme si on était dans Jurassic Parc.
Du coup, j'ai eu peur. J'ai donc écouté le crane de M. Fenouillard qui dormait.
Ca sonnait creux.
Tiens, je vais aller écouter les tuyaux de la salle de bain.
AnneSo qui s'ennuie (ça se voit? ange)
Parait qu'on peut entendre le coeur du bébé avec. Mais en 9 mois, elle ne l'a jamais entendu. C'est bien d'acheter un truc inutile (mais-euh! je te charrie, Gagish)
Toujours est-il que du coup, ben je l'ai essayé hein. J'ai bien entendu le mien de coeur, ça va il bat toujours. Cool
Par contre, au niveau du bidon, j'ai pu assister 'sonorellement' à la digestion des coquilles st jacques de mon dîner au resto pour l'anni de BM. Ca faisait de beaux gargouillis. Faut dire que j'ai pas l'habitude de manger comme ça.
Après, à défaut de trouver le coeur du bébé, j'ai écouté oufti, le chat. Ses ronronnements dans un stéthoscope à piles, c'est comme si on était dans Jurassic Parc.
Du coup, j'ai eu peur. J'ai donc écouté le crane de M. Fenouillard qui dormait.
Ca sonnait creux.
Tiens, je vais aller écouter les tuyaux de la salle de bain.
AnneSo qui s'ennuie (ça se voit? ange)
Monday, March 06, 2006
Le Cracoucas chez l'ophtalmo
Il y a quelques semaines, une orthoptiste est venue à la crèche faire un 'dépistage de la vue'.
Le soir en récupérant le Cracoucas, la puéricultrice me dit qu'il semblerait qu'il y ait un problème, mais qu'elle n'en sait pas plus, l'infirmière sociale m'expliquera.
En effet, le lendemain, le verdict tombe: dans une lettre de l'orthoptiste, j'apprends que mon fils a une hypermétropie importante et une anisométropie significative...
Je ne sais même pas ce que ça veut dire, mais je suis sûre que c'est très grave.
ni une ni deux, j'appelle un ophtalmo en essayant de paraître suffisamment inquiète pour obtenir un rendez-vous assez rapidement. Et j'y parviens, rendez-vous pris pour le 6 mars.
Pour une fois, je n'ai presque rien oublié: carnet de santé, lettre de l'orthoptiste, vignettes de la sécu...ah si, manquait le principal, la souris-doudou du Cracoucas pour le calmer au cas où. Comme des lâches, on s'est vite arrêtés dans une pharma pour acheterune tétine au cas où ouais, je préférais ça que le soudoyer avec un biscuit. On arrive un peu en avance. Le Cracoucas à qui j'avais expliqué plusieurs fois ce qu'on allait faire voit l'ophtalmo et se met à pleurer.
Pourtant, j'avais bien insisté sur le fait qu'il n'allait pas lui faire mal.
L'ophtalmo nous demande de patienter un peu pendant qu'il termine d'achever une dame. Le Cracouc profite donc de ce moment de répit pour explorer les lieux. Il court dans toute la salle d'attente et inspecte tout ce qu'il peut. Et voilà que l'ophtalmo et sa patiente ressortent. Un regard vers eux et....les larmes se remettent à couler.
On entre dans le cabinet tandis que J. joue à faire sauter le Cracoucas pour le calmer. L'ophtalmo, impressionné que la crèche propose ce genre de dépistage, m'explique un peu comment celui-ci a été effectué et ce qu'on va faire maintenant.
Le Cracouas, quant à lui, désomrais complètement dans son élément, court dans tous les sens dans le cabinet et attrappe tout ce qu'il peut (J. lui courant après pour l'empêcher de faire des bêtises).
On s'intalle ensuite dans un coin, le Cracouc sur mes genoux pour que l'ophtalmo puisse voir comment il suit un objet des yeux. Ensuite, il lui montre un carton gris et lui demande où est le chat. Le Cracoucas ne se laisse pas démonter et montre un coin du carton en disant 'iléla!' moi, je n'ai vu qu'un banal carton gris...
L'ophtalmo cache le carton et réitère l'opération: 'ilélà!' crie le Cracoucas, ravi . Curieux, j'ai toujours rien vu. Normal, me dit l'ophtalmo, il faut regarder le carton bien en face. Il le met à la hauteur de mes yeux et effectivement, un chat sort en relief si on le voit en face.
Enfin, là où je suis contente, c'est que le jeu préféré du Cracouas pour l'instant est de regarder son livre de Pinocchio en me montrant à chaque page 'le chat de Pinocchio' parce que je doute fort qu'il se serait exécuté aussi rapidement s'il avait fallu trouver sur le carton une vache ou même un chien...
Soit, on passe à la machine (connais pas le nom) dans laquelle le Cracoucas doit mettre ses yeux pour que l'ophtalmo prenne quelques mesures. Cette fois, dans les bras de J. Et tant mieux: il ne se laisse absolument pas faire, ne veut pas poser son menton où il veut, refuse de garder les bras tranquilles, et se met à pleurnicher. Tentant de le calmer, dans un moment de faiblesse, je sors la tétine que j'avais jusqu'à présent gardée dans ma poche. Mais mon arme secrète n'a qu'un résultat partiel: certes, il cesse de pleurer, mais n'accepte pas plus de mettre son menton où il faut.
Pas grave, on passe à autre chose pour l'instant. Le Cracoucas doit encore suivre des yeux une lampe, puis un nounours sur un baton. il montre toujours bien le nounours. L'ophtalmo lui cache un oeil avec un pansement, puis l'autre...à part ralotter un peu parce que c'est dérangeant, le Cracoucas ne manifeste pas son mécontentement outre mesure.
On re-tente alors la 'machine à mesures', sans grand succès (enfin un peu plus que la dernière fois quand même). Bon.
Tout ça pour nous expliquer ensuite que:
1) il a une très bonne stéréoscopie (c'est à dire les yeux qui travaillent ensemble): le chat en relief le prouve, puisque pour pouvoir le voir, il faut effectivement que les 2 yeux travaillent en même temps.
2) Visiblement, il n'a pas l'air dérangé tant que ça lorsqu'on lui cache un oeil. Ce qui est bon signe. En cas d'hypermétropie prononcée,en général, lorsqu'on cache le bon oeil, l'enfant est excessivement dérangé et le manifeste.
3) pas de strabisme, dans tous les sens, il a bien suivi des yeux les lumières et le nounours. Encore une fois, les 2 yeux suivaient ensemble.
Bref. Voilà pour l'instant. Il propose de nous revoir dans 4 mois pour refaire des mesures et vérifier cette histoire d'hypermétropie. D'après lui, le dépistage effectué à la crèche se fait avec un appareil portable, qui peut être très bien, mais dont les mesures nesont pas toujours tout à fait justes. Ca ne sert a rien de prendre des conclusions hâtives. On pourrait tenter qq chose maintenant (lunettes, cache etc) mais avec les données qu'on a pour l'instant, il trouve que ça ne servirait à rien. Autant attendre un peu et trouver vraiment le problème, s'il y en a un afin de le soigner au mieux. On peut se le permettre puisqu'on s'y prend tôt. Pendant ses explications, bien sûr, le Cracoucas avait recommencé à courir partout, à ouvrir les tiroirs et il a même réussi à ouvrir la porte du cabinet pour tenter de s'enfuir par la salle d'attente.
Tout ça, bien sûr, suivi par son papa qui décidément n'a pas tant d'autorité que ça. Bref, on verra donc en juillet. En partant, Le Cracoucas a quand même pris la peine de dire au revoir à l'ophtalmo avant de débouler dans le couloir de l'immeuble (trop ravi de pouvoir dire au revoir, ce qui signifiait qu'o partait de cet horrible lieu).
Prochain épisode, donc en juillet.
Ce qui m'inquiète, par contre, c'est qu'à mon avis, J devrait retourner le voir: dans la voiture sur le chemin du retour, il m'a avoué ne pas avoir vu le chat en relief...
Le soir en récupérant le Cracoucas, la puéricultrice me dit qu'il semblerait qu'il y ait un problème, mais qu'elle n'en sait pas plus, l'infirmière sociale m'expliquera.
En effet, le lendemain, le verdict tombe: dans une lettre de l'orthoptiste, j'apprends que mon fils a une hypermétropie importante et une anisométropie significative...
Je ne sais même pas ce que ça veut dire, mais je suis sûre que c'est très grave.
ni une ni deux, j'appelle un ophtalmo en essayant de paraître suffisamment inquiète pour obtenir un rendez-vous assez rapidement. Et j'y parviens, rendez-vous pris pour le 6 mars.
Pour une fois, je n'ai presque rien oublié: carnet de santé, lettre de l'orthoptiste, vignettes de la sécu...ah si, manquait le principal, la souris-doudou du Cracoucas pour le calmer au cas où. Comme des lâches, on s'est vite arrêtés dans une pharma pour acheterune tétine au cas où ouais, je préférais ça que le soudoyer avec un biscuit. On arrive un peu en avance. Le Cracoucas à qui j'avais expliqué plusieurs fois ce qu'on allait faire voit l'ophtalmo et se met à pleurer.
Pourtant, j'avais bien insisté sur le fait qu'il n'allait pas lui faire mal.
L'ophtalmo nous demande de patienter un peu pendant qu'il termine d'achever une dame. Le Cracouc profite donc de ce moment de répit pour explorer les lieux. Il court dans toute la salle d'attente et inspecte tout ce qu'il peut. Et voilà que l'ophtalmo et sa patiente ressortent. Un regard vers eux et....les larmes se remettent à couler.
On entre dans le cabinet tandis que J. joue à faire sauter le Cracoucas pour le calmer. L'ophtalmo, impressionné que la crèche propose ce genre de dépistage, m'explique un peu comment celui-ci a été effectué et ce qu'on va faire maintenant.
Le Cracouas, quant à lui, désomrais complètement dans son élément, court dans tous les sens dans le cabinet et attrappe tout ce qu'il peut (J. lui courant après pour l'empêcher de faire des bêtises).
On s'intalle ensuite dans un coin, le Cracouc sur mes genoux pour que l'ophtalmo puisse voir comment il suit un objet des yeux. Ensuite, il lui montre un carton gris et lui demande où est le chat. Le Cracoucas ne se laisse pas démonter et montre un coin du carton en disant 'iléla!' moi, je n'ai vu qu'un banal carton gris...
L'ophtalmo cache le carton et réitère l'opération: 'ilélà!' crie le Cracoucas, ravi . Curieux, j'ai toujours rien vu. Normal, me dit l'ophtalmo, il faut regarder le carton bien en face. Il le met à la hauteur de mes yeux et effectivement, un chat sort en relief si on le voit en face.
Enfin, là où je suis contente, c'est que le jeu préféré du Cracouas pour l'instant est de regarder son livre de Pinocchio en me montrant à chaque page 'le chat de Pinocchio' parce que je doute fort qu'il se serait exécuté aussi rapidement s'il avait fallu trouver sur le carton une vache ou même un chien...
Soit, on passe à la machine (connais pas le nom) dans laquelle le Cracoucas doit mettre ses yeux pour que l'ophtalmo prenne quelques mesures. Cette fois, dans les bras de J. Et tant mieux: il ne se laisse absolument pas faire, ne veut pas poser son menton où il veut, refuse de garder les bras tranquilles, et se met à pleurnicher. Tentant de le calmer, dans un moment de faiblesse, je sors la tétine que j'avais jusqu'à présent gardée dans ma poche. Mais mon arme secrète n'a qu'un résultat partiel: certes, il cesse de pleurer, mais n'accepte pas plus de mettre son menton où il faut.
Pas grave, on passe à autre chose pour l'instant. Le Cracoucas doit encore suivre des yeux une lampe, puis un nounours sur un baton. il montre toujours bien le nounours. L'ophtalmo lui cache un oeil avec un pansement, puis l'autre...à part ralotter un peu parce que c'est dérangeant, le Cracoucas ne manifeste pas son mécontentement outre mesure.
On re-tente alors la 'machine à mesures', sans grand succès (enfin un peu plus que la dernière fois quand même). Bon.
Tout ça pour nous expliquer ensuite que:
1) il a une très bonne stéréoscopie (c'est à dire les yeux qui travaillent ensemble): le chat en relief le prouve, puisque pour pouvoir le voir, il faut effectivement que les 2 yeux travaillent en même temps.
2) Visiblement, il n'a pas l'air dérangé tant que ça lorsqu'on lui cache un oeil. Ce qui est bon signe. En cas d'hypermétropie prononcée,en général, lorsqu'on cache le bon oeil, l'enfant est excessivement dérangé et le manifeste.
3) pas de strabisme, dans tous les sens, il a bien suivi des yeux les lumières et le nounours. Encore une fois, les 2 yeux suivaient ensemble.
Bref. Voilà pour l'instant. Il propose de nous revoir dans 4 mois pour refaire des mesures et vérifier cette histoire d'hypermétropie. D'après lui, le dépistage effectué à la crèche se fait avec un appareil portable, qui peut être très bien, mais dont les mesures nesont pas toujours tout à fait justes. Ca ne sert a rien de prendre des conclusions hâtives. On pourrait tenter qq chose maintenant (lunettes, cache etc) mais avec les données qu'on a pour l'instant, il trouve que ça ne servirait à rien. Autant attendre un peu et trouver vraiment le problème, s'il y en a un afin de le soigner au mieux. On peut se le permettre puisqu'on s'y prend tôt. Pendant ses explications, bien sûr, le Cracoucas avait recommencé à courir partout, à ouvrir les tiroirs et il a même réussi à ouvrir la porte du cabinet pour tenter de s'enfuir par la salle d'attente.
Tout ça, bien sûr, suivi par son papa qui décidément n'a pas tant d'autorité que ça. Bref, on verra donc en juillet. En partant, Le Cracoucas a quand même pris la peine de dire au revoir à l'ophtalmo avant de débouler dans le couloir de l'immeuble (trop ravi de pouvoir dire au revoir, ce qui signifiait qu'o partait de cet horrible lieu).
Prochain épisode, donc en juillet.
Ce qui m'inquiète, par contre, c'est qu'à mon avis, J devrait retourner le voir: dans la voiture sur le chemin du retour, il m'a avoué ne pas avoir vu le chat en relief...
Thursday, March 02, 2006
Le Cracoucas ne sera bientôt plus seul
Après Amonbofis, aka Cracoucas, aka le Cracouc, l'arrivée de Numérobis alias Dragonou est prévue pour septembre 2006.
Deux fois plus de (més)aventures!!!
Deux fois plus de (més)aventures!!!
Tuesday, December 06, 2005
Saint Nicolas, patron des écoliers...
Saint Nicolas est passé hier à la crèche.
Depuis quelques semaines, les puers n'avaient que ce mot à la bouche...les parents étaient 'les bienvenus' selon elles, mais j'ai vite compris que leur présence était quasi obligatoire, à moins de force majeure. Bon, moi, de toutes façons, il était hors de question que je rate ça et je me suis empressée de prendre congé. J aussi a déplacé qq rendez-vous. Au moins, cette fois, on ne passerait pas pour les parents indignes qui laissent toujours leur fils être le dernier à la crèche le soir.
Donc hier, nous voilà partis tous les trois à la rencontre du grand Saint...La veille, en récupérant le Cracoucas, j'avais retrouvé les puers dans un état d'effervescence exceptionnel. La section des grands étaient interdite d'accès: on préparait mystérieusement l'arrivée du vieux barbu.
Le jour-j donc, arrivés à la crèche, je m'aperçois que l'événement est plus important que je ne l'imaginais: la majorité des parents étaient là, beaucoup accompagnés des grand-parents, parrain, marraine, voisins et j'en passe. A peine arrivés, nous voilà tous précipités dans la section des petits en attendant l'heure où arriverait St Nicolas. L'occasion soit-disant de voir nos enfants dans leur 'environnement de tous les jours', en réalité, une belle pagaille. Alors que cette pièce accueille d'habitude une douzaine d'enfants jusqu'à 18 mois, 2 puers et l'occasionnel parent de passage pour déposer/récupérer sa progéniture, ce jour-là, on ne pouvait pas mettre un pied devant l'autre.
Petits et grands couraient dans tous les sens, sous l'oeil fier des parents, grand-parents, parrain, marraine, voisins etc. Il faisait intenable de chaud...mais bon, nous sommes restés stoïques et en avons profité pour admirer les dessins du Cracoucas, accrochés au mur pour l'occasion.
Vint alors l'heure de descendre chez les grands à la rencontre de St Nicolas. Entrée très cérémoniale: chaque parent à son tour devait descendre, son enfant dans les bras, poser pour la photo prise par un photographe professionnel, tout en admirant les jôôôôôlies décorations des puers. Le Cracoucas évidemment, ne perd pas le nord, repère les chips et biscuits prévus pour le 'verre de l'amitié' et pousse un 'niam niam' purement gourmant puisqu'il s'était enfilé son bib d'une traite à peine 1 heure auparavant.
Une fois tout le monde entré dans la salle, on frappa à la porte...et apparu St Nicolas. A ce moment-là, les réactions furent bien différentes: les plus petits (moins d'un an) s'en fichaient comme de l'an 40...les plus grands n'avaient pas l'air rassurés. Seuls les adultes étaient émerveillés et ne cessaient de mitrailler tout ce qui bougeait avec leur appareil photo.
Chaque enfant fut appelé pour s'asseoir sur les genoux de St Nicolas et recevoir son cadeau. Les plus petits, Olivia, Martin et Sasha en premier, font de beaux sourires au vieux monsieur tout en machouillant sa longue barbe...Martin en profite même pour lui adresser un rototo assorti d'un crachat de régurgitation.
Vient alors le tour des moyens: Claudia, Thibault, Eléonore et le Cracoucas. Et là.....CATA. Concours de hurlements. Thibault gagne haut la main, mais il avait une longueur d'avance: il s'était mis à hurler dès l'arrivée de St Nicolas. Eléonore s'endort rapidement après son passage: ça crève de s'époumonner de la sorte...Claudia et le Cracouc, quant à eux, oublient vite la raison de leurs cris et se jettent sur la table de victuailles.
Les plus grands, on ne les a pas vus passer, trop occupés à tenter de calmer les hurlements.
Un p'tit verre avec les autres parents, où on en profite pour échanger quelques banalités ('mon petit Cracouc joue bien avec votre petit Thibault'...'Votre petit Cracoucas a frappé ma petite Eléonore'...ben elle n'avait qu'à pas le mordre gnark gnark etc), un dernier bisou au Cracouc, j'attrappe le paquet de bonbons que St Nicolas lui a apporté (ben oui, il me faut du courage pour la journée) et je file au bureau.
Elles étaient contentes, les puers, de leur petite fête....mais à mon avis, on ne les reprendra pas de sitôt. Le soir en récupérant le Cracoucas, les 2 qui restaient étaient affalées dans des fauteuils, gradant difficilement un oeil ouvert, les beaux habits du dimanche tout abîmés par les mains salies des enfants.
Quelle belle tradition que celle de la St Nicolas...
Depuis quelques semaines, les puers n'avaient que ce mot à la bouche...les parents étaient 'les bienvenus' selon elles, mais j'ai vite compris que leur présence était quasi obligatoire, à moins de force majeure. Bon, moi, de toutes façons, il était hors de question que je rate ça et je me suis empressée de prendre congé. J aussi a déplacé qq rendez-vous. Au moins, cette fois, on ne passerait pas pour les parents indignes qui laissent toujours leur fils être le dernier à la crèche le soir.
Donc hier, nous voilà partis tous les trois à la rencontre du grand Saint...La veille, en récupérant le Cracoucas, j'avais retrouvé les puers dans un état d'effervescence exceptionnel. La section des grands étaient interdite d'accès: on préparait mystérieusement l'arrivée du vieux barbu.
Le jour-j donc, arrivés à la crèche, je m'aperçois que l'événement est plus important que je ne l'imaginais: la majorité des parents étaient là, beaucoup accompagnés des grand-parents, parrain, marraine, voisins et j'en passe. A peine arrivés, nous voilà tous précipités dans la section des petits en attendant l'heure où arriverait St Nicolas. L'occasion soit-disant de voir nos enfants dans leur 'environnement de tous les jours', en réalité, une belle pagaille. Alors que cette pièce accueille d'habitude une douzaine d'enfants jusqu'à 18 mois, 2 puers et l'occasionnel parent de passage pour déposer/récupérer sa progéniture, ce jour-là, on ne pouvait pas mettre un pied devant l'autre.
Petits et grands couraient dans tous les sens, sous l'oeil fier des parents, grand-parents, parrain, marraine, voisins etc. Il faisait intenable de chaud...mais bon, nous sommes restés stoïques et en avons profité pour admirer les dessins du Cracoucas, accrochés au mur pour l'occasion.
Vint alors l'heure de descendre chez les grands à la rencontre de St Nicolas. Entrée très cérémoniale: chaque parent à son tour devait descendre, son enfant dans les bras, poser pour la photo prise par un photographe professionnel, tout en admirant les jôôôôôlies décorations des puers. Le Cracoucas évidemment, ne perd pas le nord, repère les chips et biscuits prévus pour le 'verre de l'amitié' et pousse un 'niam niam' purement gourmant puisqu'il s'était enfilé son bib d'une traite à peine 1 heure auparavant.
Une fois tout le monde entré dans la salle, on frappa à la porte...et apparu St Nicolas. A ce moment-là, les réactions furent bien différentes: les plus petits (moins d'un an) s'en fichaient comme de l'an 40...les plus grands n'avaient pas l'air rassurés. Seuls les adultes étaient émerveillés et ne cessaient de mitrailler tout ce qui bougeait avec leur appareil photo.
Chaque enfant fut appelé pour s'asseoir sur les genoux de St Nicolas et recevoir son cadeau. Les plus petits, Olivia, Martin et Sasha en premier, font de beaux sourires au vieux monsieur tout en machouillant sa longue barbe...Martin en profite même pour lui adresser un rototo assorti d'un crachat de régurgitation.
Vient alors le tour des moyens: Claudia, Thibault, Eléonore et le Cracoucas. Et là.....CATA. Concours de hurlements. Thibault gagne haut la main, mais il avait une longueur d'avance: il s'était mis à hurler dès l'arrivée de St Nicolas. Eléonore s'endort rapidement après son passage: ça crève de s'époumonner de la sorte...Claudia et le Cracouc, quant à eux, oublient vite la raison de leurs cris et se jettent sur la table de victuailles.
Les plus grands, on ne les a pas vus passer, trop occupés à tenter de calmer les hurlements.
Un p'tit verre avec les autres parents, où on en profite pour échanger quelques banalités ('mon petit Cracouc joue bien avec votre petit Thibault'...'Votre petit Cracoucas a frappé ma petite Eléonore'...ben elle n'avait qu'à pas le mordre gnark gnark etc), un dernier bisou au Cracouc, j'attrappe le paquet de bonbons que St Nicolas lui a apporté (ben oui, il me faut du courage pour la journée) et je file au bureau.
Elles étaient contentes, les puers, de leur petite fête....mais à mon avis, on ne les reprendra pas de sitôt. Le soir en récupérant le Cracoucas, les 2 qui restaient étaient affalées dans des fauteuils, gradant difficilement un oeil ouvert, les beaux habits du dimanche tout abîmés par les mains salies des enfants.
Quelle belle tradition que celle de la St Nicolas...
Wednesday, November 23, 2005
Le mystère de la poussette disparue ou comment passer pour une idiote auprès de son mari
Depuis que j'ai recommencé à travailler, on a remis en place une organisation minutée le matin et le soir. En gros, ça se passe comme ça:
7h: mon réveil sonne. J et le chat continuent à ronfler à côté de moi...et moi, ben j'en profite pour ne pas entendre le réveil.
7h30: 2e réveil qui sonne. Je me tire difficilement du lit (toujours sous les ronflements de J et le chat). Je mets en route mon café, file sous la douche, éteins le café, m'habille en vitesse et je profite de quelques minutes de calme pour prendre mon petit déj tranquillement en lisant les nouvelles sur Internet. Ensuite, je prépare le bib, et je vais dans la chambre du Cracoucas, qu'on aurait mieux fait de baptiser Grossbouf, où je suis accueillie par un 'niam niam' vorace, qui en réalité signifie 'ça suffit les calins, maman, file moi mon bib ou je fais un malheur!' Quelle ingratitude!! Bref, j'installe Monsieur Cracouc à côté de son père, et j'en profite pour filer à la salle de bain pour terminer de me préparer.Un dernier bisou à mes hommes et je m'eclipse discrètement avant la fin du bib pour éviter les pleurs.
Et me voilà partie pour ma journée de travail.Pendant ce temps, le Cracoucas-Grossbouf termine son biberon, J se lève, s'habille, habille son fils, et ensemble ils filent à la crèche avec la poussette qu'il laisse dans la pièce réservée à cet effet. La poussette est primordiale étant donné que 4 fois sur 5, c'est moi qui récupère le Cracoucas à la crèche et nous rentrons à pieds à la maison.
Seulement, vendredi, ça ne s'est pas passé comme ça...une urgence au bureau fait que je dois prendre mon métro plus tard que prévu, et que je rate ma correspondance pour attrapper le bus qui me mène à la crèche. Me voilà donc qui galoppe dans les rues de Bruxelles, heureusement que j'ai de bonnes chaussures, ça fait belle lurette que j'ai abandonné les talons en prévision de ce genre d'urgences.
Arrivée à la crèche, inutile de dire que le Cracoucas est le dernier bébé - ça arrive au moins une fois par semaine, merci les transports en commun bruxellois.
Monsieur Cracouc m'accueille en faisant quelques pas vers moi, et la puer, ravie, m'explique qu'il est sur le point de marcher, toute la journée, il a fait quelques pas...Bref, j'habille mon fils pour affronter le grand froid qui règne depuis quelques jour, je le prends dans un bras, dans l'autre, mes dossiers que je voulais potasser pendant le week end...et je file à la 'pièce à poussettes'...que je trouve vide! Pas une seule poussette et certainement rien à 'notre' emplacement, entre la poubelle et la porte.
Bon...J a dû oublier de me la laisser. Du dernier petit doigt qui me reste de libre, je sors mon téléphone de ma poche, et tente de joindre J histoire de m'assurer qu'il a bien laissé la poussette ce matin . J me répond...rien du tout puisque je tombe sur son répondeur. Plus de puer en vue, elle doit être montée ranger des choses dans le bureau. nous voilà refaits Bon je m'apprête à partir lorsque mon téléphone, que j'avais rerangé entre temps, se met à sonner.Pensant que c'est Jérôme qui me rappelle, je réponds un peu aggressivement 'oui?" Oui bonjour, c'est le Coq...je voulais savoir si tu savais ce que J veut pour son anniversaire'.
Il choisit son moment, ç'ui là...je rappelle que j'ai un bébé de bientôt 10 kg dans un bras, un dossier rempli de papiers dans l'autre et un téléphone prêt à glisser de mon cou que seul mon petit doigt retient...Du coup, tout en parlant, je me dirige vers la sortie en essayant d'abréger la conversation (de toutes façons, je ne sais déjà pas MOI ce que je vais offrir à J, il manquerait plus que je refile de tuyaux aux autres...)
Et voilà qu'en essayant de raccrocher, je sors de la crèche et CLAC, la porte ferme derrière moi. Bon, cette porte ne s'ouvre que de l'intérieur à moins de sonner, mais leur système d'ouverture est branché au téléphone et je ne vais quand même plus déranger la puer pour qu'elle m'ouvre.
Je commence donc à marcher, papiers, dossier, bébé sac et tout le tralala que j'arrive tant bien que mal à garder dans mes bras.il me vient alors une idée...le Cracoucas marchotte? Eh bien désormais, il fera mieux que ça, il va MARCHER une partie du chemin . Je le pose...il fait 3 pas et se laisse lourdement tomber sur les fesses. Je lui tends la main pour l'aider, mais c'est peine perdue, monsieur refuse désormais même de tenir debout. Hop, je le reprends dans mes bras et continue mon chemin. Tous les 5 m, je me trouve obligée de m'arrêter pour changer les dossier et le bébé de bras, histoire de ne pas avoir de crampe.
DRING, le téléphone sonne. Je tente de dégager mon petit doigt en manquant de faire tomber le Cracoucas. 'Salut! c'est Charlotte! Dis tu veux pas aller au ciné dans une heure?' mouahahahahaha Mouhahahahah MOUHAHAHAHAHA me voilà prise d'un fou rire irrépressible. Je termine ma conversation et c'est reparti. On a dû faire 20 mètres en 20 minutes Là dessus, il se met à pleuvoir. Je décide donc que j'irai plus vite en prenant le Cracoucas sur mes épaules. Mais Monsieur refuse d'obtempérer et se jette en arrière une fois perché sur mes épaules tout en hurlant 'niam niam'...c'est qu'il commence à avoir faim.
Le téléphone re-sonne et en une seconde, splatch, mon dossier tombe dans une flaque, le téléphone glisse de ma main et atterrit 3 m plus loin et Monsieur Cracouc, je le rattrappe de justesse. Je le pose (debout) il s'empresse de s'asseoir dans la flaque la plus proche. A ce stade là, ça n'a plus d'importance pour moi, son pantalon est trempé et dégoutant, il passera à la machine dès mon retour.
Bon, je ramasse mon téléphone juste le temps de crier à ma mère (puisque c'était elle qui téléphonait) que je la rappelle plus tard, je ramasse en vrac papiers, dossiers, bébé, sac, tous aussi trempés et sales les uns que les autres et me revoilà partie....on arrive finalement à la maison au bout d'1/2h de marche entrecoupée d'arrêts ramassage/changement de bras/téléphone etc.Jérôme rentre plus tard et me soutient que la poussette est à la crèche. En effet, elle n'est ni dans le vestibule, ni dans sa voiture...
Je vous passe les détails de mon week end de portage du Cracoucas. Au moins, on peut dire que j'ai bien fait travailler les muscles de mes bras ce week end...
Lundi matin arrive avec le même rituel que vous avez lu au début de l'histoire...Mal réveillée (le lundi, je dois partir plus tôt pour passer à l'agence d'interim), je me retrouve dans un métro bondé, je me plante de station (ouais, je sors trop tôt du métro. Ca vous fait rire? Moi non ), je rêve d'un café une fois arrivée au boulot....lorsque le téléphone sonne.
C'est J: 't'es bigleuse ou quoi?'...oulàlà, c'était vraiment pas le truc à me dire un lundi matin alors que je suis de si mauvaise humeur, le métro bondé n'aidant pas...Il s'avère qu'alors que le Cracoucas et J arrivaient à la crèche, ils ont trouvé la poussette rangée à sa place, entre la poubelle et la porte.
Mais je vous JURE qu'elle n'y était pas le vendredi soir...on ne voit que ça en entrant dans la pièce à poussette et là vraiment, il n'y avait rien.
Enfin, depuis, J me regarde régulièrement du coin de l'oeil en se marrant. Quant à moi, je suis sûre que des parents sans poussette voulaient profiter du week end pour promener leur progéniture et ont piqué la poussette en pensant qu'elle avait été oubliée...et l'ont ramenée discretos à la première heure lundi matin.
PS: quelques jours plus tard, le mystère a été éclairci, non non, je ne suis pas folle. Il s'avère qu'une grand-mère venant récupérer son petit-enfant à la crèche a pris par mégarde la poussette. Sympa de faire ça un vendredi soir...
7h: mon réveil sonne. J et le chat continuent à ronfler à côté de moi...et moi, ben j'en profite pour ne pas entendre le réveil.
7h30: 2e réveil qui sonne. Je me tire difficilement du lit (toujours sous les ronflements de J et le chat). Je mets en route mon café, file sous la douche, éteins le café, m'habille en vitesse et je profite de quelques minutes de calme pour prendre mon petit déj tranquillement en lisant les nouvelles sur Internet. Ensuite, je prépare le bib, et je vais dans la chambre du Cracoucas, qu'on aurait mieux fait de baptiser Grossbouf, où je suis accueillie par un 'niam niam' vorace, qui en réalité signifie 'ça suffit les calins, maman, file moi mon bib ou je fais un malheur!' Quelle ingratitude!! Bref, j'installe Monsieur Cracouc à côté de son père, et j'en profite pour filer à la salle de bain pour terminer de me préparer.Un dernier bisou à mes hommes et je m'eclipse discrètement avant la fin du bib pour éviter les pleurs.
Et me voilà partie pour ma journée de travail.Pendant ce temps, le Cracoucas-Grossbouf termine son biberon, J se lève, s'habille, habille son fils, et ensemble ils filent à la crèche avec la poussette qu'il laisse dans la pièce réservée à cet effet. La poussette est primordiale étant donné que 4 fois sur 5, c'est moi qui récupère le Cracoucas à la crèche et nous rentrons à pieds à la maison.
Seulement, vendredi, ça ne s'est pas passé comme ça...une urgence au bureau fait que je dois prendre mon métro plus tard que prévu, et que je rate ma correspondance pour attrapper le bus qui me mène à la crèche. Me voilà donc qui galoppe dans les rues de Bruxelles, heureusement que j'ai de bonnes chaussures, ça fait belle lurette que j'ai abandonné les talons en prévision de ce genre d'urgences.
Arrivée à la crèche, inutile de dire que le Cracoucas est le dernier bébé - ça arrive au moins une fois par semaine, merci les transports en commun bruxellois.
Monsieur Cracouc m'accueille en faisant quelques pas vers moi, et la puer, ravie, m'explique qu'il est sur le point de marcher, toute la journée, il a fait quelques pas...Bref, j'habille mon fils pour affronter le grand froid qui règne depuis quelques jour, je le prends dans un bras, dans l'autre, mes dossiers que je voulais potasser pendant le week end...et je file à la 'pièce à poussettes'...que je trouve vide! Pas une seule poussette et certainement rien à 'notre' emplacement, entre la poubelle et la porte.
Bon...J a dû oublier de me la laisser. Du dernier petit doigt qui me reste de libre, je sors mon téléphone de ma poche, et tente de joindre J histoire de m'assurer qu'il a bien laissé la poussette ce matin . J me répond...rien du tout puisque je tombe sur son répondeur. Plus de puer en vue, elle doit être montée ranger des choses dans le bureau. nous voilà refaits Bon je m'apprête à partir lorsque mon téléphone, que j'avais rerangé entre temps, se met à sonner.Pensant que c'est Jérôme qui me rappelle, je réponds un peu aggressivement 'oui?" Oui bonjour, c'est le Coq...je voulais savoir si tu savais ce que J veut pour son anniversaire'.
Il choisit son moment, ç'ui là...je rappelle que j'ai un bébé de bientôt 10 kg dans un bras, un dossier rempli de papiers dans l'autre et un téléphone prêt à glisser de mon cou que seul mon petit doigt retient...Du coup, tout en parlant, je me dirige vers la sortie en essayant d'abréger la conversation (de toutes façons, je ne sais déjà pas MOI ce que je vais offrir à J, il manquerait plus que je refile de tuyaux aux autres...)
Et voilà qu'en essayant de raccrocher, je sors de la crèche et CLAC, la porte ferme derrière moi. Bon, cette porte ne s'ouvre que de l'intérieur à moins de sonner, mais leur système d'ouverture est branché au téléphone et je ne vais quand même plus déranger la puer pour qu'elle m'ouvre.
Je commence donc à marcher, papiers, dossier, bébé sac et tout le tralala que j'arrive tant bien que mal à garder dans mes bras.il me vient alors une idée...le Cracoucas marchotte? Eh bien désormais, il fera mieux que ça, il va MARCHER une partie du chemin . Je le pose...il fait 3 pas et se laisse lourdement tomber sur les fesses. Je lui tends la main pour l'aider, mais c'est peine perdue, monsieur refuse désormais même de tenir debout. Hop, je le reprends dans mes bras et continue mon chemin. Tous les 5 m, je me trouve obligée de m'arrêter pour changer les dossier et le bébé de bras, histoire de ne pas avoir de crampe.
DRING, le téléphone sonne. Je tente de dégager mon petit doigt en manquant de faire tomber le Cracoucas. 'Salut! c'est Charlotte! Dis tu veux pas aller au ciné dans une heure?' mouahahahahaha Mouhahahahah MOUHAHAHAHAHA me voilà prise d'un fou rire irrépressible. Je termine ma conversation et c'est reparti. On a dû faire 20 mètres en 20 minutes Là dessus, il se met à pleuvoir. Je décide donc que j'irai plus vite en prenant le Cracoucas sur mes épaules. Mais Monsieur refuse d'obtempérer et se jette en arrière une fois perché sur mes épaules tout en hurlant 'niam niam'...c'est qu'il commence à avoir faim.
Le téléphone re-sonne et en une seconde, splatch, mon dossier tombe dans une flaque, le téléphone glisse de ma main et atterrit 3 m plus loin et Monsieur Cracouc, je le rattrappe de justesse. Je le pose (debout) il s'empresse de s'asseoir dans la flaque la plus proche. A ce stade là, ça n'a plus d'importance pour moi, son pantalon est trempé et dégoutant, il passera à la machine dès mon retour.
Bon, je ramasse mon téléphone juste le temps de crier à ma mère (puisque c'était elle qui téléphonait) que je la rappelle plus tard, je ramasse en vrac papiers, dossiers, bébé, sac, tous aussi trempés et sales les uns que les autres et me revoilà partie....on arrive finalement à la maison au bout d'1/2h de marche entrecoupée d'arrêts ramassage/changement de bras/téléphone etc.Jérôme rentre plus tard et me soutient que la poussette est à la crèche. En effet, elle n'est ni dans le vestibule, ni dans sa voiture...
Je vous passe les détails de mon week end de portage du Cracoucas. Au moins, on peut dire que j'ai bien fait travailler les muscles de mes bras ce week end...
Lundi matin arrive avec le même rituel que vous avez lu au début de l'histoire...Mal réveillée (le lundi, je dois partir plus tôt pour passer à l'agence d'interim), je me retrouve dans un métro bondé, je me plante de station (ouais, je sors trop tôt du métro. Ca vous fait rire? Moi non ), je rêve d'un café une fois arrivée au boulot....lorsque le téléphone sonne.
C'est J: 't'es bigleuse ou quoi?'...oulàlà, c'était vraiment pas le truc à me dire un lundi matin alors que je suis de si mauvaise humeur, le métro bondé n'aidant pas...Il s'avère qu'alors que le Cracoucas et J arrivaient à la crèche, ils ont trouvé la poussette rangée à sa place, entre la poubelle et la porte.
Mais je vous JURE qu'elle n'y était pas le vendredi soir...on ne voit que ça en entrant dans la pièce à poussette et là vraiment, il n'y avait rien.
Enfin, depuis, J me regarde régulièrement du coin de l'oeil en se marrant. Quant à moi, je suis sûre que des parents sans poussette voulaient profiter du week end pour promener leur progéniture et ont piqué la poussette en pensant qu'elle avait été oubliée...et l'ont ramenée discretos à la première heure lundi matin.
PS: quelques jours plus tard, le mystère a été éclairci, non non, je ne suis pas folle. Il s'avère qu'une grand-mère venant récupérer son petit-enfant à la crèche a pris par mégarde la poussette. Sympa de faire ça un vendredi soir...
Thursday, September 29, 2005
La peur de ma vie ou de la nocivité des jouets d'enfants
Alors que je profitais du fait que J. assurait la réalisation d'un quelconque match de foot ce soir, en me faisant une petite soirée plateau-télé etc, je viens d'avoir la trouille de ma vie grace à mon ami Marc! Oui oui, du fin fond de la France -enfin, du Havre - il arrive à me fiche la trouille...enfin, non en réalité, ce n'est pas de là où il est cette nuit que j'ai réussi à avoir la peur de ma vie.
Remontons quelques mois en arrière, lorsque, lors d'un passage à Bruxelles, il a eu la merveilleuse idée d'offrir à ma progéniture un jouet, certes, ravissant, géniale invention, mais relativement bruyant, je cite: la maman canard et ses bébés, baptisé LE COINCOIN...Bon en soi, le jouet n'est pas nocif, ni tellement dérangeant, on s'y fait à ce bruit de coincoin et entre nous, il me dérange largement moins que le Dark Vador en peluche quicrie 'YOU DON'T KNOW THE POWER OF THE DARK SIDE', ni que le chat-mégablok qui chante des miaou-miaou insupportables à longueur de journée.
Bref, le coincoin est mignon et marrant. Enfin, c'est ce que je pensais jusqu'à ce soir.Donc après 2 émissions consécutives de Delarue (l'une sur une chaine belge, l'autre sur une chaine française), j'ai décidé que j'avais assez pleuré sur le sort des gens et je suis allée dans le bureau surfer un peu sur le net avant d'aller me coucher.
Et voilà que dans l'obscurité de notre salle à manger/cuisine, sort un bruit effrayant (faut dire que les choses prennent une autre ampleur lorsqu'on est seule un soir de pluie, avec pour seule compagnie un bébé qui ronfle et un chat qui a disparu de la circulation depuisqu'il a eu ses croquettes tant attendues).
Bref, le bruit donc: COINCOINCOINCOINCOINCOINCOIN
Je sursaute puis je me reprends...C'est certainement le chat qui aurait malencontreusement tiré sur la ficelle en passant.
Quelques minutes plus tard, rebelotte: COINCOINCOINCOINCOINCOINCOIN...sauf que cette fois, je m'aperçois que depuis le début, le chat dort comme un loir sur le moniteur de l'ordi, à 20 cm de moi....Mon sang ne fait qu'un tour: de deux choses l'une. Soit mon fils est un véritable génie qui non seulement a appris à marcher depuis que je l'ai couché quelques heures auparavant, mais en plus, il sait sortir de son lit tout seul, soit je ne suis pas seule.
Et me voilà à arpenter l'appart, le rouleau à patisserie dans une main, un manche à balais dans l'autre, à la recherche de...je ne sais pas de quoi en réalité...de la 'chose' qui aurait pu déclencher le coincoin...
Mes recherches sont infructueuses, je me barricade donc dans le bureau, coincoin caché sous la table et emmitoufflé dans un pull au cas où il se déclenchait encore et me provoquerait un arrêt cardiaque, à attendre le retour de J. tout en espérant que 'la chose' ne s'en prendra pas à mon fils qui est seul, livré à lui même à l'autre bout de l'appart.
Et c'est cachée sous une couverture, les yeux fermés, sous la chaise du bureau que J. m'a retrouvée à son retour...il s'est bien foutu de ma tronche...quant au Cracoucas, quand j'ai osé aller le voir dans sa chambre, il ronflait à poings fermés...il en faut plus qu'un malheureux coincoin pour troubler son sommeil. Tant mieux.
Remontons quelques mois en arrière, lorsque, lors d'un passage à Bruxelles, il a eu la merveilleuse idée d'offrir à ma progéniture un jouet, certes, ravissant, géniale invention, mais relativement bruyant, je cite: la maman canard et ses bébés, baptisé LE COINCOIN...Bon en soi, le jouet n'est pas nocif, ni tellement dérangeant, on s'y fait à ce bruit de coincoin et entre nous, il me dérange largement moins que le Dark Vador en peluche quicrie 'YOU DON'T KNOW THE POWER OF THE DARK SIDE', ni que le chat-mégablok qui chante des miaou-miaou insupportables à longueur de journée.
Bref, le coincoin est mignon et marrant. Enfin, c'est ce que je pensais jusqu'à ce soir.Donc après 2 émissions consécutives de Delarue (l'une sur une chaine belge, l'autre sur une chaine française), j'ai décidé que j'avais assez pleuré sur le sort des gens et je suis allée dans le bureau surfer un peu sur le net avant d'aller me coucher.
Et voilà que dans l'obscurité de notre salle à manger/cuisine, sort un bruit effrayant (faut dire que les choses prennent une autre ampleur lorsqu'on est seule un soir de pluie, avec pour seule compagnie un bébé qui ronfle et un chat qui a disparu de la circulation depuisqu'il a eu ses croquettes tant attendues).
Bref, le bruit donc: COINCOINCOINCOINCOINCOINCOIN
Je sursaute puis je me reprends...C'est certainement le chat qui aurait malencontreusement tiré sur la ficelle en passant.
Quelques minutes plus tard, rebelotte: COINCOINCOINCOINCOINCOINCOIN...sauf que cette fois, je m'aperçois que depuis le début, le chat dort comme un loir sur le moniteur de l'ordi, à 20 cm de moi....Mon sang ne fait qu'un tour: de deux choses l'une. Soit mon fils est un véritable génie qui non seulement a appris à marcher depuis que je l'ai couché quelques heures auparavant, mais en plus, il sait sortir de son lit tout seul, soit je ne suis pas seule.
Et me voilà à arpenter l'appart, le rouleau à patisserie dans une main, un manche à balais dans l'autre, à la recherche de...je ne sais pas de quoi en réalité...de la 'chose' qui aurait pu déclencher le coincoin...
Mes recherches sont infructueuses, je me barricade donc dans le bureau, coincoin caché sous la table et emmitoufflé dans un pull au cas où il se déclenchait encore et me provoquerait un arrêt cardiaque, à attendre le retour de J. tout en espérant que 'la chose' ne s'en prendra pas à mon fils qui est seul, livré à lui même à l'autre bout de l'appart.
Et c'est cachée sous une couverture, les yeux fermés, sous la chaise du bureau que J. m'a retrouvée à son retour...il s'est bien foutu de ma tronche...quant au Cracoucas, quand j'ai osé aller le voir dans sa chambre, il ronflait à poings fermés...il en faut plus qu'un malheureux coincoin pour troubler son sommeil. Tant mieux.
Monday, September 19, 2005
Adresse mail
Ecrivez-nous sur Cracoucasss@gmail.com
Les commentaire ne sont pas faciles à mettre sur ce blog, un mail est plus rapide.
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Wednesday, September 07, 2005
nuits mouvementées, parents crevés
J'étais tranquillement sur la banquise en train de gagner à la belotte contre Wallace, Gromit et un ours polaire lorsque des hurlements m'ont ramenée à la réalité…C'est assez râlant, pour une fois que je gagnais…
Bon, où suis-je ?
Des draps tout doux, une grosse masse à ma gauche…ça ça doit être J. que les hurlements n'ont apparemment pas réveillé...ben je dois être dans ma chambre et c'est la nuit…Et les cris, bien sûr, ce sont ceux du Cracoucas.
Serait-il déjà l'heure du biberon du matin ? D'un geste incertain, je cherche mon réveil, sur la table de nuit, derrière un mouchoir usé, une pile de livres, et ma tasse de tisane de la veille…que je m'empresse de faire tomber dans un fracas qui ne réveille toujours pas J.
J'atteins enfin le réveil. Il est 4 heures du mat…Et le Cracoucas hurle toujours. Je me lève et fonce dans sa chambre et le découvre…trempé de pipi…le pauvre, sa couche a débordé et ça ne doit pas être confortable. Je décide donc de le changer de la tête aux pieds. Comme les nuits sont un peu fraîches en ce moment, je change body, pyj etc – le Cracouc, content de son sort gazouille gentiment. Cependant, au moment de le recoucher, le voilà qui se remet à pleurnicher. Tant pis, je le laisse dans son lit, il va bien s'endormir, non ? On est en plein milieu de la nuit….
Je m'affale sur mon lit et là….les hurlements reprennent…et réveillent J. Incapable de bouger, trop fatiguée, je fais la sourde oreille en espérant que le papa ira s'occuper de son fils. Visiblement, ma manœuvre fonctionne et J. se lève pour tenter de calmer le Cracoucas…Sauf qu'il n'y arrive pas tellement…et que ça crie encore dans la chambre d'à côté. Et là, ô horreur, j'entends que ça bouge à l'étage du dessus: les cris ont réveillé le voisin du dessus qui n'est autre que le propriétaire, un célibataire endurci qui n'a que faire de nos histoires de bébé qui fait ses dents...
Je me lève donc et en entrant dans la chambre du Cracouc, je remarque tout de suite l'odeur nauséabonde..."mais...il a fait caca, tu ne l'as pas changé?" et J. de me répondre "ben non, je pensais que tu l'avais fait"...oui, évidemment, je l'ai changé....mais depuis...apparemment, il y a eu un nouveau caca...et apparemment, ce nouveau caca a débordé...
Bon, je reprend le Cracouc, je le rechange, changement de pyjama, changement de body...je prends sa temp...37°...rien quoi... Comme il se mordille beaucoup le doigt et qu'il a l'air d'avoir mal aux dents, un petit coup de dolodent et je le recouche. Je vais me laver les mains sous les cris du Cracoucas qui ont repris de plus belle au moment où je l'ai recouché...et je retourne vite dans sa chambre, pour le calmer, trop gênée vis à vis du propriétaire....et là, je m'aperçois que malgré la couche, le pyj et le body propres...l'odeur persiste...Et de fait, pendant que je me lavais les mains, le Cracouc en a profité pour refaire un caca...3e changement de bébé, donc, mais cette fois on a de la chance, pas de fuites, on peut donc garder ce body et ce pyjama. Ouf! Parce que ma réserve commence sérieusement à diminuer comme une peau de chagrin.
Dernier calin au Cracoucas (ou du moins, c'est ce que je pense...) et je le recouche....et il se met à hurler. Je reste donc à côté de lui un petit peu. Et là, bah je suis un peu prise au piège. Plus le droit de bouger sans déclencher les cris de mon adorable fils. Alors commence une longue période où au fur et à mesure que Monsieur Cracoucas semble s'endormir, je fais un cm de plus pour m'approcher de la porte....ça y est, j'y suis presque...encore 5 cm...4...3....2.....OUIIIIINNNNNNN! les pleurs reprennent et on recommence tout à zéro.
Ce petit cinéma dure un certain temps....je crois que 5 fois, j'ai manqué d'atteindre la sortie de la chambre. Finalement, plus que lassée et de plus en plus gênée pour le voisin proprio et puis aussi pour J. qui doit travailler le lendemain...je craque et je prend le Cracoucas avec moi et ensemble on va se coucher dans mon lit. Ca arrive très rarement qu'on le fasse, je me dis qu'une fois tous les 36 du mois, ça ne doit pas faire trop de mal...enfin, j'essaie surtout de me rassurer...
1/4 d'heure de répit...je m'endors presque...mais le Cracoucas, qu'est-ce qu'il bouge! Visiblement, il n'est pas prêt de dormir. Au moins, il reste allongé. MAis il commence par me frapper un peu sans le faire exprès, puis à s'intéresser à mes narines dans lequelles il enfonce son doigt, puis ce sont les poils des bras de son père qu'il s'amuse à tirer...tant et si bien qu'au bout de quelques minutes...J et moi craquons tous les deux.
"Tant pis pour le propriétaire....on le remet dans son lit et on le laisse pleurer jusqu'à ce qu'il s'endorme".
Visiblement d'accord, J. ramène le Cracouc dans son lit. Celui-ci pleurniche 2 minutes et s'endort....comme si les 2h30 qu'on venait de vivre n'avaient pas existé...ALLELUIAH!
Il me reste 1/2 heure pour terminer ma partie de belotte si je m'endors tout de suite...Je fais tout pour me rendormir....sauf que....ben il est 6h30, l'heure où les avions de Zaventem survolent le quartier...et voilà, plus moyen de me rendormir.
Et quelques heures plus tard, ce ne sont pas 2 parents, mais 2 zombies qui déposent leur bébé (en pleine forme, celui-là) à la crèche...
Bon, où suis-je ?
Des draps tout doux, une grosse masse à ma gauche…ça ça doit être J. que les hurlements n'ont apparemment pas réveillé...ben je dois être dans ma chambre et c'est la nuit…Et les cris, bien sûr, ce sont ceux du Cracoucas.
Serait-il déjà l'heure du biberon du matin ? D'un geste incertain, je cherche mon réveil, sur la table de nuit, derrière un mouchoir usé, une pile de livres, et ma tasse de tisane de la veille…que je m'empresse de faire tomber dans un fracas qui ne réveille toujours pas J.
J'atteins enfin le réveil. Il est 4 heures du mat…Et le Cracoucas hurle toujours. Je me lève et fonce dans sa chambre et le découvre…trempé de pipi…le pauvre, sa couche a débordé et ça ne doit pas être confortable. Je décide donc de le changer de la tête aux pieds. Comme les nuits sont un peu fraîches en ce moment, je change body, pyj etc – le Cracouc, content de son sort gazouille gentiment. Cependant, au moment de le recoucher, le voilà qui se remet à pleurnicher. Tant pis, je le laisse dans son lit, il va bien s'endormir, non ? On est en plein milieu de la nuit….
Je m'affale sur mon lit et là….les hurlements reprennent…et réveillent J. Incapable de bouger, trop fatiguée, je fais la sourde oreille en espérant que le papa ira s'occuper de son fils. Visiblement, ma manœuvre fonctionne et J. se lève pour tenter de calmer le Cracoucas…Sauf qu'il n'y arrive pas tellement…et que ça crie encore dans la chambre d'à côté. Et là, ô horreur, j'entends que ça bouge à l'étage du dessus: les cris ont réveillé le voisin du dessus qui n'est autre que le propriétaire, un célibataire endurci qui n'a que faire de nos histoires de bébé qui fait ses dents...
Je me lève donc et en entrant dans la chambre du Cracouc, je remarque tout de suite l'odeur nauséabonde..."mais...il a fait caca, tu ne l'as pas changé?" et J. de me répondre "ben non, je pensais que tu l'avais fait"...oui, évidemment, je l'ai changé....mais depuis...apparemment, il y a eu un nouveau caca...et apparemment, ce nouveau caca a débordé...
Bon, je reprend le Cracouc, je le rechange, changement de pyjama, changement de body...je prends sa temp...37°...rien quoi... Comme il se mordille beaucoup le doigt et qu'il a l'air d'avoir mal aux dents, un petit coup de dolodent et je le recouche. Je vais me laver les mains sous les cris du Cracoucas qui ont repris de plus belle au moment où je l'ai recouché...et je retourne vite dans sa chambre, pour le calmer, trop gênée vis à vis du propriétaire....et là, je m'aperçois que malgré la couche, le pyj et le body propres...l'odeur persiste...Et de fait, pendant que je me lavais les mains, le Cracouc en a profité pour refaire un caca...3e changement de bébé, donc, mais cette fois on a de la chance, pas de fuites, on peut donc garder ce body et ce pyjama. Ouf! Parce que ma réserve commence sérieusement à diminuer comme une peau de chagrin.
Dernier calin au Cracoucas (ou du moins, c'est ce que je pense...) et je le recouche....et il se met à hurler. Je reste donc à côté de lui un petit peu. Et là, bah je suis un peu prise au piège. Plus le droit de bouger sans déclencher les cris de mon adorable fils. Alors commence une longue période où au fur et à mesure que Monsieur Cracoucas semble s'endormir, je fais un cm de plus pour m'approcher de la porte....ça y est, j'y suis presque...encore 5 cm...4...3....2.....OUIIIIINNNNNNN! les pleurs reprennent et on recommence tout à zéro.
Ce petit cinéma dure un certain temps....je crois que 5 fois, j'ai manqué d'atteindre la sortie de la chambre. Finalement, plus que lassée et de plus en plus gênée pour le voisin proprio et puis aussi pour J. qui doit travailler le lendemain...je craque et je prend le Cracoucas avec moi et ensemble on va se coucher dans mon lit. Ca arrive très rarement qu'on le fasse, je me dis qu'une fois tous les 36 du mois, ça ne doit pas faire trop de mal...enfin, j'essaie surtout de me rassurer...
1/4 d'heure de répit...je m'endors presque...mais le Cracoucas, qu'est-ce qu'il bouge! Visiblement, il n'est pas prêt de dormir. Au moins, il reste allongé. MAis il commence par me frapper un peu sans le faire exprès, puis à s'intéresser à mes narines dans lequelles il enfonce son doigt, puis ce sont les poils des bras de son père qu'il s'amuse à tirer...tant et si bien qu'au bout de quelques minutes...J et moi craquons tous les deux.
"Tant pis pour le propriétaire....on le remet dans son lit et on le laisse pleurer jusqu'à ce qu'il s'endorme".
Visiblement d'accord, J. ramène le Cracouc dans son lit. Celui-ci pleurniche 2 minutes et s'endort....comme si les 2h30 qu'on venait de vivre n'avaient pas existé...ALLELUIAH!
Il me reste 1/2 heure pour terminer ma partie de belotte si je m'endors tout de suite...Je fais tout pour me rendormir....sauf que....ben il est 6h30, l'heure où les avions de Zaventem survolent le quartier...et voilà, plus moyen de me rendormir.
Et quelques heures plus tard, ce ne sont pas 2 parents, mais 2 zombies qui déposent leur bébé (en pleine forme, celui-là) à la crèche...
Sunday, September 04, 2005
Thursday, September 01, 2005
Monday, August 15, 2005
Friday, July 01, 2005
Mes débuts en tant que maman au chômage
Si j’avais su comment ma journée se passerait, je crois que jamais de ma vie je ne me serais levée ce matin….mais je n’avais pas tellement le choix.
La mission du jour était d’accomplir les démarches pour m’inscrire au chômage, à savoir à l’orbem (l’Office Régional Bruxellois pour l’emploi) et à la capac (caisse de paiement).
Mission de prime abord facile à accomplir. A en lire les indications sur le site web : on se rend chez eux avec les papiers requis et on en ressort avec une jolie carte bleue qu’il faut présenter 2 fois par mois à la commune. Bref, rien de plus simple, d’autant plus que l’orbem, on peut s’y inscrire par internet, ce que je me suis empressée de faire.
Le reste de la journée ne fut que succession de petits détails qui ont fait de ma journée un cauchemar…
La première étape de mon périple était de me rendre à la « B.S », mes anciens employeurs, afin d’y retirer le fameux formulaire C4 qu’on m’avait promis depuis qq jours…et qui, comme d’habitude, n’était pas prêt à temps.
J . me propose donc gentiment de nous conduire, le Cracoucas et moi : plus vite on sera à la « B.S. », plus vite on sera à la Capac et plus vite on sera rentrés.
Me voilà donc avec Monsieur Cracoucas à 9h15 à la Bibliothèque, juste à temps puisqu’il commence à pleuvioter. Je gare la poussette dans un coin, j’attrape le Cracoucas sous le bras et je grimpe les escaliers pour aller voir «Mme M. » , la comptable, qui détient le précieux sésame.
Pas de chance, pas de Mme. M. Bon….sa stagiaire Mlle. S. n’est pas là non plus. J’attends un peu, j’en profite pour parler à mes ex-collègues (ben oui, ça fait 3 jours que je ne les ai plus vus…). J’appelle la Capac qui me dit de venir m’inscrire même sans C4, on verra plus tard.
Et voilà que Mlle. S arrive…mais ne sait absolument pas de quoi je parle. Je m’énerve un peu, exige que l’on m’envoie le document le plus rapidement possible par coursier ….et je m’apprête à partir.
Ben non, pas de chance, ça y est, c’est le déluge. Mais quand je dis le déluge, je veux dire la pluie qui tombe comme une pluie tropicale dans la jungle, on voit à peine à 100 m et absolument IMPOSSIBLE de faire 2 m là-dessous.
Comme il faisait beau en partant, je ne suis vêtue que d’un gilet léger. Le Cracoucas, quand a lui, a un t-shirt à manches longues et un manteau…mais pas de plastique pour sa poussette. Bref, impossible de quitter la « B.S. »…
J’attends que ça passe, sauf que ça ne passe pas. Là-dessus, une gentille ex-collègue dont la voiture est (illégalement) garée devant la porte, me propose de me conduire au métro. Génial. D’ici à ce que j’arrive à la station près de la capac, c’est sûr, la pluie aura cessé. Ma collègue me tend un petit sac poubelle au moment où je sors de la voiture, on ne sait jamais, ça peut servir.
Bref, je fonce dans le métro et j’en profite pour téléphoner à ma copine Garance pour me plaindre déjà de ce qui est arrivé : déluge, pas de C4, etc. Tant et si bien que je rate ma correspondance. Pas trop grave, si je sors à l’arrêt d’après, je peux attraper un tram qui me rapprochera de la capac. Je sors donc du métro. Du moins j’essaie, non sans mal : barrières trop petites pour la poussette, pliage de poussette, on passe, dépliage de poussette, escalator en panne, pliage de poussette, on monte, dépliage de poussette, arrivée dans le tram, pliage de poussette, on entre, dépliage de poussette. Bon. Je sors du tram sous la pluie qui n’a absolument pas cessé, j’emballe donc le Cracoucas dans le sac poubelle. Et là faut que je vous explique une chose.
Le quartier où se situe la capac, derrière la gare du nord de Bruxelles est réputé pour ses péripatéticiennes en vitrine. Oui, de la même manière que l’on fait du lèche vitrine avant d’acheter des chaussures, ben là de gros dégueulasses font leur lèche vitrine de prostituée. Charmant. Et pathétique à un point qui me donne toujours un peu envie de pleurer. Ce quartier, je le connais vaguement : lorsque j’étais étudiante, mes copines les plus fauchées trouvaient des chambres très bon marché dans le coin – lorsque nous étions invités à boire un verre, elles nous indiquaient le chemin : « 3e pute à droite, puis c’est la 2e maison après le néon bleu ». Bref, comme je l’ai dit, très triste.
Je me perds donc dans le dédale des rues, trempée par la pluie, emmenant mon fils de 9 mois sous un sac poubelle, voir les putes.
Heureusement, J. m’avait prêté son plan de Bruxelles et je trouve rapidement la Capac. : vieux bâtiment des années 60 qui a excessivement mal vieilli. L’intérieur est placardé d’affiches : « veuillez ramener vos cartes au bureau D, couloir 3, 3e sous sol, 1e à droite, porte bleue. », « nous vous signalons que les porteurs du formulaire A358 sont conviés uniquement les mardis des mois en ‘r’ lorsque ça tombe un jour impair » …etc. Tout, sauf des indications sur ce que moi pauvre petite bourge protégée (et un peu secouée par le trajet jusqu’à la capac) a à faire pour m’inscrire. Pas grave, je suis débrouillarde, me dis-je. Je regarde un peu les gens et les affiches (pas facile, j’ai cassé mes lunettes il y a une semaine, impossible de paraître discrète dans ces cas-là). Je trouve une salle où tout le monde a l’air d’attendre son tour devant des guichets. Parfait, c’est là que je devais être. Bon, où sont les tickets ? Voilà la machine. Ah, sauf que dessus, il y a écrit « machine en panne, veuillez vous adresser au guichet à l’extrême droite ». Un coup d’œil vers le guichet : il y a 5 personnes devant. Bon, je me mets dans la queue. 10 minutes plus tard, rien n’a bougé. Et là, je vois 2 filles, visiblement des habituées, qui se dirigent sans hésiter vers le guichet voisin, fermé (donc celui AVANT celui à l’extrême droite) sur lequel est posé de manière peu évidente un rouleau de tickets. Ah bon, c’était là ! Bon je prends mon ticket, les 3 types derrière moi (des bleus, comme moi) avaient apparemment fait la même erreur…ça va, je ne suis pas la seule. Mon ticket porte le numéro D36. Je jette un coup d’œil à la machine qui affiche quel numéro est le suivant à être appelé…..HORREUR ! C’est le numéro 57 ! Ce qui veut dire qu’ils n’ont même pas encore commencé la série D. Mais alors le numéro 57 de quelle série ? A, B, C ? Et puis, 57, oui, mais sur combien ? 100 ? 150 ? 1000 ?
Les larmes commencent doucement à monter. Il est 10h30. Le Cracoucas ne va pas passer la journée ici, je ne peux pas repartir et revenir dans l’après-midi, je n’ai personne pour me garder Monsieur Cracouc si je reviens demain seule, et puis demain, ce n’est ouvert que le matin, je ne suis pas sûre de pouvoir passer….et j’ai 2 jours pour m’inscrire. C’est la loi.
Bon…première chose, je vais trouver un coin sympa où attendre. Comme j’ai laissé les roues de la poussette à l’entrée (ah oui, parce que la capac, en plus, c’est pas fait pour les personnes à mobilité réduite, hein, c’est bourré d’escaliers) je décide d’aller les rechercher avant qu’un malotru ne me les vole. Le Cracoucas dans son cosy dans une main, je plie les roues de l’autre, retenant toujours mes larmes….quand j’entends derrière moi, une voix étonnée : « Anne-So ? » Je me retourne….et je tombe dans les bras de Raphaël…ben et là, les larmes ne s’arrêtent plus : « je sais pas où je dois aller, j’ai même pas mon C4, j’ai le numéro 36, je comprends rien, dans une heure, le Cracoucas va hurler de faim, je suis trempée, chargée comme un baudet, je comprends rien etc etc etc ».
Raf, ben ça le fait sourire, parce qu’il est déjà passé par là…et il s’est déjà retrouvé dans le même état. Mais lui, c’est un pro de la capac apparemment et du coup, il devient mon coach capac. Déjà, il m’annonce que je suis au mauvais endroit : les lettres K-Z, c’est à l’étage. Ah bon ? C’est indiqué où ? Nulle part. OK. Lui, il le sait pour avoir faire la queue pendant 1h la première fois avant de s’en apercevoir. Et encore, les gens de la capac ne lui ont rien dit, il a du se renseigner auprès des gens qui attendent autour.
Bon, comme je dois me rendre à l’étage (poussette et tout le tralala aussi), il y va à ma place, voir où ça en est pour qu’on décide ce qu’on peut faire.
Moi, de mon côté, je prends mon GSM et j’appelle J. pour lui demander le numéro de la Capac, pour les appeler, pour savoir si quand j’aurai enfin mon C4, je devrai me RE-présenter là bas, ou s’il suffira que je leur envoie ledit C4 – oui, parce que je ne compte pas refaire la queue là, hein ! Et puis par téléphone, j’aurai plus vite une réponse que si j’allais au guichet « info », devant lequel 25 personnes attendent.
Pas de chance, il est 11h et plus personne ne répond.
Entre temps, Raf redescend et m’annonce qu’ils viennent de commencer la série A des tickets…et qu’il m’a pris un ticket : B1. Avec un peu de chance, je passerai la semaine prochaine…bon soyons optimistes, peut être que vers 17h, j’ai mes chances…S’ils restent ouverts jusque là.
« Ah, mais attends…je suis venu ce matin prendre un ticket à 9h30, c’est le A52 et finalement, je n’en ai pas eu besoin, tu peux le prendre » me dit Raf.
Cool, juste une cinquantaine de numéros….je n’en ai que pour quelques heures.
Raf me propose alors de nous reconduire à la « B.S. », voir si Mme. M. est arrivée. On fonce donc vers mon ancien bureau. Une chance : Mme. M. n’est pas là, mais Mlle S. l’a appelée entre temps et peut donc me donner le fameux C4.
Comme on a encore beaucoup de temps devant nous, j’invite Raf à déjeuner chez Exki. Le Cracoucas en profite pour faire son charme à Raf et tous les gens qui passent. Adorable ! Il déjeune proprement, joue avec son jeu, goûte un peu de yaourt à la vanille…bref, je crois qu’il a compris qu’aujourd’hui, fallait se tenir à carreaux…
Après cet intermède fort sympathique, on repart, direction….ben la capac, tiens. Petit tour parmi les putes pour trouver une place de parking. On voit plein d’hommes de bonne famille qui visiblement terminent leur pause déjeuner.
1e étage : ils en sont au numéro 19. En 1h30, 19 personnes ont été servies. Bon, ben j’ai le temps alors.
Un haut-parleur nous annonce alors que vu le nombre des personnes présentes, ils ne serviront que les personnes munies d’un ticket de la série A. Une chance donc que Raf m’ait filé son ticket A52 qu’il a eu à 9h30 du mat…parce qu’avec mon B1 de 11h, je pouvais revenir le lendemain.
Raf doit repartir. Il a déjà perdu la moitié de la journée à cause de moi, je ne vais pas le garder en otage plus longtemps. Vite avant de la laisser filer, je lui demande de me garder le Cracoucas pour que j’aille faire pipi….pas si simple. D’abord, il me dit que je dois aller demander une clé au guichet info. Ca tombe bien, il n’y a qu’une dame à ce guichet . Enfin, la dame, visiblement, elle a besoin de beaucoup beaucoup beaucoup d’infos, puisqu’elle y reste ¼ d’heure. Arrive mon tour. Je m’approche du guichet, j’ouvre la bouche et la dame de l’autre côté du guichet m’interromp : « vous avez votre ticket ? ».. .
Moi : « euh, non, je ne savais pas qu’il fallait un ticket pour le guichet info »
La femme : « on ne sert que les gens qui ont un ticket »
Moi : « oui, mais…. »
La femme (m’interromp encore, je déteste ça) : « pas de ticket, pas d’info »
Moi « mais…. »
La femme : « je ne veux rien savoir »
Moi (qui commence tout doucement à m’énerver) : « comment ça, vous voulez vraiment que je prenne un ticket pour vous demander où je peux faire pipi ??? »
J’ai dû le dire un peu fort parce que les gens autour se sont retournés et je me suis sentie rougir….
La femme « c’est au sous-sol »
Je fonce au sous-sol laissant Monsieur Cracoucas et mon sac sous l’œil vigilant de Raf.
Au sous-sol, il y a aussi beaucoup de guichets, 5 ou 6 portes avec un signe « entrée interdite »….et c’est tout, pas de toilettes. Je demande autour de moi, personne n’est au courant. Je monte au rez de chaussée (on sait jamais)…et là, en effet, je tombe sur une femme qui est en train d’ouvrir des toilettes avec une clé. Je lui demande donc si je peux aussi profiter de sa clé. Elle me dit d’un air gêné qu’elle me laissera la clé et que je n’aurai qu’à la ramener parce qu’elle est pressée…puis elle se souvient que pour avoir la clé des toilettes, elle a dû laisser sa carte d’identité…Et elle préférerait donc que j’aille la demander moi-même après.
Enfin, ce qui voudrait dire que je devrais remonter au 1e, prendre ma carte d’identité, aller au sous-sol, prendre un ticket spécial « guichet info sous sol », faire la queue en attendant mon tour, troquer ma carte d’identité contre une clé, monter faire pipi, redescendre, reprendre un ticket, refaire la queue, rendre la clé et reprendre ma carte d’identité, et remonter au 1e.
N’importe quoi, d’autant plus que je monopolise Raf depuis 10h30 du mat, je vais aller le libérer. Je remonte donc, la vessie prête à exploser.
Bref, Raf s’en va, (j’ai un peu les larmes aux yeux à ce moment-là…je me sens tout à coup très très seule)
Le Cracoucas, qui jusqu’à présent était adorable, commence tout doucement à s’impatienter….compréhensible, le pauvre, ça fait depuis 9h ce matin, qu’il est sage comme une image.
Je le sors de sa poussette, il râle, je le remets, il râle, je le ressors, il râle, je l’assieds sur un banc, il se met debout et commence à bouffer le dossier du banc, je l’enlève du banc, il râle. Etc.
Enfin, tout ce petit manège a l’avantage de faire passer le temps et à peine 1h après le départ de Raf, voilà que c’est mon tour de passer.
Youpi !!! champagne ! J’ai bien envie de danser mais j’ai trop peur qu’on me vole ma place. Pas grave, le Cracoucas a dû comprendre puisqu’il se met à chanter pendant qu’on fonce au guichet. Tant et si bien que je n’entends pas tellement ce que me dit la femme de l’autre côté…et que je n’arrête pas de lui demander de répéter.
Elle m’annonce que le motif de mon C4 n’est pas suffisant : licenciement, oui mais pourquoi ? D’autre part, il me faut un document de Partena attestant que j’ai été en congé de maternité l’année dernière. Pendant un moment, j’ai peur qu’elle me renvoie chez moi jusqu’à ce que j’ai tous les documents requis. Mais non, elle me demande simplement de les envoyer dans les 2 mois. M’annonce que je dois dès demain matin aller pointer à la commune d’Etterbeek, m’explique en gros comment tout fonctionne…et me voilà prête à quitter ce maudit endroit.
Dépliage de poussette, on redescend, je m’arrête pour rhabiller un peu le Cracoucas afin d’affronter la pluie, j’en profite pour appeler J….et je refonds en larmes. Et là, impossible de m’arrêter. Et me voilà, sous la pluie, sous les fenêtres des prostituées en train de pousser ma poussette dans une rue drôlement en pente, les larmes me coulant le long des joues. Un vrai bébé, quoi.
J’appelle Séverine qui me console (c’est à ça que ça sert, les grandes sœurs, parfois)
Tram, pliage de poussette, rue, dépliage de poussette, métro avec escalator cassé, pliage de poussette, re-dépliage de poussette, contrôleurs de métro qui me laissent passer…encore un ou 2 pliage/dépliage bref…trajet sans encombre.
Et le Cracoucas dort comme un ange. Parfait, celui-là….
Le lendemain, pointage à la Commune. Les hommes sont convoqués le matin et les femmes l’après-midi, dans le sous-sol de la commune, que je connais puisque c’est là que se trouve le registre des étrangers – souvenez vous il y a 4 ans lorsque j’ai tenté de me domicilier dans cette commune. A Etterbeek, on cache les parias dans les sous-sols : étrangers et chômeurs, même combat….
Juste 2 constats à propos du pointage :
- Les hommes sont séparés des femmes. Pourquoi ? Ont-ils peur qu’un homme chômeur rencontre une femme chômeuse, qu’ils se mettent ensemble et fabriquent plein de petits chômeurs ?
- Alors que les hommes sont convoqués le matin, les femmes, elles doivent pointer l’après-midi. Logique, puisque ce sont, à priori, les femmes qui s’occupent des enfants et d’aller les chercher à l’école. C’est donc normal qu’on les convoque justement à l’heure de sortie des écoles….
La mission du jour était d’accomplir les démarches pour m’inscrire au chômage, à savoir à l’orbem (l’Office Régional Bruxellois pour l’emploi) et à la capac (caisse de paiement).
Mission de prime abord facile à accomplir. A en lire les indications sur le site web : on se rend chez eux avec les papiers requis et on en ressort avec une jolie carte bleue qu’il faut présenter 2 fois par mois à la commune. Bref, rien de plus simple, d’autant plus que l’orbem, on peut s’y inscrire par internet, ce que je me suis empressée de faire.
Le reste de la journée ne fut que succession de petits détails qui ont fait de ma journée un cauchemar…
La première étape de mon périple était de me rendre à la « B.S », mes anciens employeurs, afin d’y retirer le fameux formulaire C4 qu’on m’avait promis depuis qq jours…et qui, comme d’habitude, n’était pas prêt à temps.
J . me propose donc gentiment de nous conduire, le Cracoucas et moi : plus vite on sera à la « B.S. », plus vite on sera à la Capac et plus vite on sera rentrés.
Me voilà donc avec Monsieur Cracoucas à 9h15 à la Bibliothèque, juste à temps puisqu’il commence à pleuvioter. Je gare la poussette dans un coin, j’attrape le Cracoucas sous le bras et je grimpe les escaliers pour aller voir «Mme M. » , la comptable, qui détient le précieux sésame.
Pas de chance, pas de Mme. M. Bon….sa stagiaire Mlle. S. n’est pas là non plus. J’attends un peu, j’en profite pour parler à mes ex-collègues (ben oui, ça fait 3 jours que je ne les ai plus vus…). J’appelle la Capac qui me dit de venir m’inscrire même sans C4, on verra plus tard.
Et voilà que Mlle. S arrive…mais ne sait absolument pas de quoi je parle. Je m’énerve un peu, exige que l’on m’envoie le document le plus rapidement possible par coursier ….et je m’apprête à partir.
Ben non, pas de chance, ça y est, c’est le déluge. Mais quand je dis le déluge, je veux dire la pluie qui tombe comme une pluie tropicale dans la jungle, on voit à peine à 100 m et absolument IMPOSSIBLE de faire 2 m là-dessous.
Comme il faisait beau en partant, je ne suis vêtue que d’un gilet léger. Le Cracoucas, quand a lui, a un t-shirt à manches longues et un manteau…mais pas de plastique pour sa poussette. Bref, impossible de quitter la « B.S. »…
J’attends que ça passe, sauf que ça ne passe pas. Là-dessus, une gentille ex-collègue dont la voiture est (illégalement) garée devant la porte, me propose de me conduire au métro. Génial. D’ici à ce que j’arrive à la station près de la capac, c’est sûr, la pluie aura cessé. Ma collègue me tend un petit sac poubelle au moment où je sors de la voiture, on ne sait jamais, ça peut servir.
Bref, je fonce dans le métro et j’en profite pour téléphoner à ma copine Garance pour me plaindre déjà de ce qui est arrivé : déluge, pas de C4, etc. Tant et si bien que je rate ma correspondance. Pas trop grave, si je sors à l’arrêt d’après, je peux attraper un tram qui me rapprochera de la capac. Je sors donc du métro. Du moins j’essaie, non sans mal : barrières trop petites pour la poussette, pliage de poussette, on passe, dépliage de poussette, escalator en panne, pliage de poussette, on monte, dépliage de poussette, arrivée dans le tram, pliage de poussette, on entre, dépliage de poussette. Bon. Je sors du tram sous la pluie qui n’a absolument pas cessé, j’emballe donc le Cracoucas dans le sac poubelle. Et là faut que je vous explique une chose.
Le quartier où se situe la capac, derrière la gare du nord de Bruxelles est réputé pour ses péripatéticiennes en vitrine. Oui, de la même manière que l’on fait du lèche vitrine avant d’acheter des chaussures, ben là de gros dégueulasses font leur lèche vitrine de prostituée. Charmant. Et pathétique à un point qui me donne toujours un peu envie de pleurer. Ce quartier, je le connais vaguement : lorsque j’étais étudiante, mes copines les plus fauchées trouvaient des chambres très bon marché dans le coin – lorsque nous étions invités à boire un verre, elles nous indiquaient le chemin : « 3e pute à droite, puis c’est la 2e maison après le néon bleu ». Bref, comme je l’ai dit, très triste.
Je me perds donc dans le dédale des rues, trempée par la pluie, emmenant mon fils de 9 mois sous un sac poubelle, voir les putes.
Heureusement, J. m’avait prêté son plan de Bruxelles et je trouve rapidement la Capac. : vieux bâtiment des années 60 qui a excessivement mal vieilli. L’intérieur est placardé d’affiches : « veuillez ramener vos cartes au bureau D, couloir 3, 3e sous sol, 1e à droite, porte bleue. », « nous vous signalons que les porteurs du formulaire A358 sont conviés uniquement les mardis des mois en ‘r’ lorsque ça tombe un jour impair » …etc. Tout, sauf des indications sur ce que moi pauvre petite bourge protégée (et un peu secouée par le trajet jusqu’à la capac) a à faire pour m’inscrire. Pas grave, je suis débrouillarde, me dis-je. Je regarde un peu les gens et les affiches (pas facile, j’ai cassé mes lunettes il y a une semaine, impossible de paraître discrète dans ces cas-là). Je trouve une salle où tout le monde a l’air d’attendre son tour devant des guichets. Parfait, c’est là que je devais être. Bon, où sont les tickets ? Voilà la machine. Ah, sauf que dessus, il y a écrit « machine en panne, veuillez vous adresser au guichet à l’extrême droite ». Un coup d’œil vers le guichet : il y a 5 personnes devant. Bon, je me mets dans la queue. 10 minutes plus tard, rien n’a bougé. Et là, je vois 2 filles, visiblement des habituées, qui se dirigent sans hésiter vers le guichet voisin, fermé (donc celui AVANT celui à l’extrême droite) sur lequel est posé de manière peu évidente un rouleau de tickets. Ah bon, c’était là ! Bon je prends mon ticket, les 3 types derrière moi (des bleus, comme moi) avaient apparemment fait la même erreur…ça va, je ne suis pas la seule. Mon ticket porte le numéro D36. Je jette un coup d’œil à la machine qui affiche quel numéro est le suivant à être appelé…..HORREUR ! C’est le numéro 57 ! Ce qui veut dire qu’ils n’ont même pas encore commencé la série D. Mais alors le numéro 57 de quelle série ? A, B, C ? Et puis, 57, oui, mais sur combien ? 100 ? 150 ? 1000 ?
Les larmes commencent doucement à monter. Il est 10h30. Le Cracoucas ne va pas passer la journée ici, je ne peux pas repartir et revenir dans l’après-midi, je n’ai personne pour me garder Monsieur Cracouc si je reviens demain seule, et puis demain, ce n’est ouvert que le matin, je ne suis pas sûre de pouvoir passer….et j’ai 2 jours pour m’inscrire. C’est la loi.
Bon…première chose, je vais trouver un coin sympa où attendre. Comme j’ai laissé les roues de la poussette à l’entrée (ah oui, parce que la capac, en plus, c’est pas fait pour les personnes à mobilité réduite, hein, c’est bourré d’escaliers) je décide d’aller les rechercher avant qu’un malotru ne me les vole. Le Cracoucas dans son cosy dans une main, je plie les roues de l’autre, retenant toujours mes larmes….quand j’entends derrière moi, une voix étonnée : « Anne-So ? » Je me retourne….et je tombe dans les bras de Raphaël…ben et là, les larmes ne s’arrêtent plus : « je sais pas où je dois aller, j’ai même pas mon C4, j’ai le numéro 36, je comprends rien, dans une heure, le Cracoucas va hurler de faim, je suis trempée, chargée comme un baudet, je comprends rien etc etc etc ».
Raf, ben ça le fait sourire, parce qu’il est déjà passé par là…et il s’est déjà retrouvé dans le même état. Mais lui, c’est un pro de la capac apparemment et du coup, il devient mon coach capac. Déjà, il m’annonce que je suis au mauvais endroit : les lettres K-Z, c’est à l’étage. Ah bon ? C’est indiqué où ? Nulle part. OK. Lui, il le sait pour avoir faire la queue pendant 1h la première fois avant de s’en apercevoir. Et encore, les gens de la capac ne lui ont rien dit, il a du se renseigner auprès des gens qui attendent autour.
Bon, comme je dois me rendre à l’étage (poussette et tout le tralala aussi), il y va à ma place, voir où ça en est pour qu’on décide ce qu’on peut faire.
Moi, de mon côté, je prends mon GSM et j’appelle J. pour lui demander le numéro de la Capac, pour les appeler, pour savoir si quand j’aurai enfin mon C4, je devrai me RE-présenter là bas, ou s’il suffira que je leur envoie ledit C4 – oui, parce que je ne compte pas refaire la queue là, hein ! Et puis par téléphone, j’aurai plus vite une réponse que si j’allais au guichet « info », devant lequel 25 personnes attendent.
Pas de chance, il est 11h et plus personne ne répond.
Entre temps, Raf redescend et m’annonce qu’ils viennent de commencer la série A des tickets…et qu’il m’a pris un ticket : B1. Avec un peu de chance, je passerai la semaine prochaine…bon soyons optimistes, peut être que vers 17h, j’ai mes chances…S’ils restent ouverts jusque là.
« Ah, mais attends…je suis venu ce matin prendre un ticket à 9h30, c’est le A52 et finalement, je n’en ai pas eu besoin, tu peux le prendre » me dit Raf.
Cool, juste une cinquantaine de numéros….je n’en ai que pour quelques heures.
Raf me propose alors de nous reconduire à la « B.S. », voir si Mme. M. est arrivée. On fonce donc vers mon ancien bureau. Une chance : Mme. M. n’est pas là, mais Mlle S. l’a appelée entre temps et peut donc me donner le fameux C4.
Comme on a encore beaucoup de temps devant nous, j’invite Raf à déjeuner chez Exki. Le Cracoucas en profite pour faire son charme à Raf et tous les gens qui passent. Adorable ! Il déjeune proprement, joue avec son jeu, goûte un peu de yaourt à la vanille…bref, je crois qu’il a compris qu’aujourd’hui, fallait se tenir à carreaux…
Après cet intermède fort sympathique, on repart, direction….ben la capac, tiens. Petit tour parmi les putes pour trouver une place de parking. On voit plein d’hommes de bonne famille qui visiblement terminent leur pause déjeuner.
1e étage : ils en sont au numéro 19. En 1h30, 19 personnes ont été servies. Bon, ben j’ai le temps alors.
Un haut-parleur nous annonce alors que vu le nombre des personnes présentes, ils ne serviront que les personnes munies d’un ticket de la série A. Une chance donc que Raf m’ait filé son ticket A52 qu’il a eu à 9h30 du mat…parce qu’avec mon B1 de 11h, je pouvais revenir le lendemain.
Raf doit repartir. Il a déjà perdu la moitié de la journée à cause de moi, je ne vais pas le garder en otage plus longtemps. Vite avant de la laisser filer, je lui demande de me garder le Cracoucas pour que j’aille faire pipi….pas si simple. D’abord, il me dit que je dois aller demander une clé au guichet info. Ca tombe bien, il n’y a qu’une dame à ce guichet . Enfin, la dame, visiblement, elle a besoin de beaucoup beaucoup beaucoup d’infos, puisqu’elle y reste ¼ d’heure. Arrive mon tour. Je m’approche du guichet, j’ouvre la bouche et la dame de l’autre côté du guichet m’interromp : « vous avez votre ticket ? ».. .
Moi : « euh, non, je ne savais pas qu’il fallait un ticket pour le guichet info »
La femme : « on ne sert que les gens qui ont un ticket »
Moi : « oui, mais…. »
La femme (m’interromp encore, je déteste ça) : « pas de ticket, pas d’info »
Moi « mais…. »
La femme : « je ne veux rien savoir »
Moi (qui commence tout doucement à m’énerver) : « comment ça, vous voulez vraiment que je prenne un ticket pour vous demander où je peux faire pipi ??? »
J’ai dû le dire un peu fort parce que les gens autour se sont retournés et je me suis sentie rougir….
La femme « c’est au sous-sol »
Je fonce au sous-sol laissant Monsieur Cracoucas et mon sac sous l’œil vigilant de Raf.
Au sous-sol, il y a aussi beaucoup de guichets, 5 ou 6 portes avec un signe « entrée interdite »….et c’est tout, pas de toilettes. Je demande autour de moi, personne n’est au courant. Je monte au rez de chaussée (on sait jamais)…et là, en effet, je tombe sur une femme qui est en train d’ouvrir des toilettes avec une clé. Je lui demande donc si je peux aussi profiter de sa clé. Elle me dit d’un air gêné qu’elle me laissera la clé et que je n’aurai qu’à la ramener parce qu’elle est pressée…puis elle se souvient que pour avoir la clé des toilettes, elle a dû laisser sa carte d’identité…Et elle préférerait donc que j’aille la demander moi-même après.
Enfin, ce qui voudrait dire que je devrais remonter au 1e, prendre ma carte d’identité, aller au sous-sol, prendre un ticket spécial « guichet info sous sol », faire la queue en attendant mon tour, troquer ma carte d’identité contre une clé, monter faire pipi, redescendre, reprendre un ticket, refaire la queue, rendre la clé et reprendre ma carte d’identité, et remonter au 1e.
N’importe quoi, d’autant plus que je monopolise Raf depuis 10h30 du mat, je vais aller le libérer. Je remonte donc, la vessie prête à exploser.
Bref, Raf s’en va, (j’ai un peu les larmes aux yeux à ce moment-là…je me sens tout à coup très très seule)
Le Cracoucas, qui jusqu’à présent était adorable, commence tout doucement à s’impatienter….compréhensible, le pauvre, ça fait depuis 9h ce matin, qu’il est sage comme une image.
Je le sors de sa poussette, il râle, je le remets, il râle, je le ressors, il râle, je l’assieds sur un banc, il se met debout et commence à bouffer le dossier du banc, je l’enlève du banc, il râle. Etc.
Enfin, tout ce petit manège a l’avantage de faire passer le temps et à peine 1h après le départ de Raf, voilà que c’est mon tour de passer.
Youpi !!! champagne ! J’ai bien envie de danser mais j’ai trop peur qu’on me vole ma place. Pas grave, le Cracoucas a dû comprendre puisqu’il se met à chanter pendant qu’on fonce au guichet. Tant et si bien que je n’entends pas tellement ce que me dit la femme de l’autre côté…et que je n’arrête pas de lui demander de répéter.
Elle m’annonce que le motif de mon C4 n’est pas suffisant : licenciement, oui mais pourquoi ? D’autre part, il me faut un document de Partena attestant que j’ai été en congé de maternité l’année dernière. Pendant un moment, j’ai peur qu’elle me renvoie chez moi jusqu’à ce que j’ai tous les documents requis. Mais non, elle me demande simplement de les envoyer dans les 2 mois. M’annonce que je dois dès demain matin aller pointer à la commune d’Etterbeek, m’explique en gros comment tout fonctionne…et me voilà prête à quitter ce maudit endroit.
Dépliage de poussette, on redescend, je m’arrête pour rhabiller un peu le Cracoucas afin d’affronter la pluie, j’en profite pour appeler J….et je refonds en larmes. Et là, impossible de m’arrêter. Et me voilà, sous la pluie, sous les fenêtres des prostituées en train de pousser ma poussette dans une rue drôlement en pente, les larmes me coulant le long des joues. Un vrai bébé, quoi.
J’appelle Séverine qui me console (c’est à ça que ça sert, les grandes sœurs, parfois)
Tram, pliage de poussette, rue, dépliage de poussette, métro avec escalator cassé, pliage de poussette, re-dépliage de poussette, contrôleurs de métro qui me laissent passer…encore un ou 2 pliage/dépliage bref…trajet sans encombre.
Et le Cracoucas dort comme un ange. Parfait, celui-là….
Le lendemain, pointage à la Commune. Les hommes sont convoqués le matin et les femmes l’après-midi, dans le sous-sol de la commune, que je connais puisque c’est là que se trouve le registre des étrangers – souvenez vous il y a 4 ans lorsque j’ai tenté de me domicilier dans cette commune. A Etterbeek, on cache les parias dans les sous-sols : étrangers et chômeurs, même combat….
Juste 2 constats à propos du pointage :
- Les hommes sont séparés des femmes. Pourquoi ? Ont-ils peur qu’un homme chômeur rencontre une femme chômeuse, qu’ils se mettent ensemble et fabriquent plein de petits chômeurs ?
- Alors que les hommes sont convoqués le matin, les femmes, elles doivent pointer l’après-midi. Logique, puisque ce sont, à priori, les femmes qui s’occupent des enfants et d’aller les chercher à l’école. C’est donc normal qu’on les convoque justement à l’heure de sortie des écoles….
Wednesday, June 15, 2005
Comment ne pas vexer ses beaux-parents tout en ayant le plus beau bébé de la famille
La cousine de J. se marie au mois de juillet. Présentation officielle du Cracoucas à la famille élargie, qui n'a pas encore eu l'occasion de le rencontrer. J'avais trouvé, lors des '4J' de l'Inno
un ravissant ensemble en lin : chemise blanc cassé et petit pantalon gris-vert. RA-VIS-SANT !
Et le tout, pour la modique somme de 10€. Une aubaine !
Ravie de mon achat (effectué au mois d'avril), je sors régulièrement l'ensemble de la commode pour le regarder, en me félicitant d'avoir, certainement, le plus beau bébé à ce mariage (précisons que le bébé est déjà excessivement adorable, mais que l'ensemble ne fera que parfaire le tableau).
Bref. Il ne reste plus qu'à attendre le jour-J….ou du moins c'est ce que je pensais.
Voilà qu'il y a quelques semaines, ma belle-mère et son conjoint (le Coq - longue histoire, ne me demandez pas) arrivent chez nous avec une énoooorme boite Baby Dior…Me sang ne fait qu'un tour…une belle boite comme ça…ça ne peut que signifier le début des emmerdes.
Et de fait, on me tend la boite, je l'ouvre et j'en sors un affreux ensemble : un pantalon avec veste assortie vert d'eau en matière un peu brillante, un t-shirt qui serait pas mal s'il n'y avait pas écrit
DIOR en grand dessus et des chaussettes 'diordiordiordiordior'. Moche, quoi. Enfin surtout pas mon genre du tout du tout.
Bon bon bon… je fais un grand sourire parce que je suis polie 'oh, mais fallait paaaaaas ! Comme c'est gentil!....'
Et ma BM de me répondre : « C'est pour le mariage de Caroline »
Ma tête…. Enfin, je me ressaisis…puis je prépare le terrain : « Ah oui. Oh ! j'espère que ça va lui aller ! Ce sera peut être un peu grand nan ??? »
Tout ça sous la muetterie parfaite de J. qui ne fait rien pour me sauver bien sûr.
Fin de l'épisode 1.
Episode 2 : faut savoir qu'entre temps, J. et moi avions convenu qu'il appellerait sa mère pour lui dire que sur le coup, il n'avait pas voulu les vexer (surtout que c'est le Coq qui est allé à Paris acheter cette ravissante horreur) mais qu'on a déjà prévu un ensemble joli comme tout et que le Cracoucas sera le plus beau et tout et tout.
Enfin…ça c'était dans la théorie, parce que dans la pratique, ça fait un mois que J. a promis de le faire…et pourtant sa mère n'est toujours pas au courant.
Venons-en donc à l'épisode 2 de cette malheureuse affaire.
Samedi dernier, nous étions à Uccle (quartier de ma BM) et j'en ai profité pour m'acheter une jupe et un gilet, parfaits pour le mariage. On rejoint ensuite ma BM et le Coq à leur petit salon de Thé du samedi, puisqu'on est dans le coin.
En arrivant, j'annonce que j'ai acheté une tenue pour le mariage de Caro.
Ma BM et le Coq me dévisagent : « Euh….une tenue….pour toi ? »
Tiens…J. n'a pas dû leur parler de l'ensemble Dior que le Cracoucas ne mettra PAS.
Plus tard, ma BM nous prend à part et nous demande si on compte bien mettre au Cracoucas leur magnifique ensemble Dior.
J. commence : « ben, c'est à dire qu'on avait déjà prévu quelque chose… ». Voyant le visage de ma BM se décomposer, lâchement, j'interviens : « Mais bon, on n'a pas encore décidé. Je vais essayer l'ensemble Dior au Cracouas»
Voilà. On est refaits…
Soit on les vexe à vie mais j'ai le plus beau bébé du monde, soit on se plie à leurs désirs et c'est la première et la dernière fois que la famille de J. voit le Cracoucas (et moi par la même occasion), parce que jamais de ma vie je n'oserai me remontrer devant eux après.
L'épisode 3 sort le 2 juillet.
Mais pas bêtes….on a bien réfléchi et on a mis au point notre scénario. Infaillible, le scénario. Le voici :
On habille le Cracoucas avec son ensemble Baby Dior (comme ça, il sera froissé comme s'il avait été porté). On l'asperge avec son bib du matin. Et puis en arrivant sur place, on annonce que le Cracoucas a vomi/régurgité dans la voiture et qu'en maman prévoyante, j'ai justement prévu un RAVISSANT petit ensemble de rechange : un pantalon gris-vert et une chemise blanc cassé…
On a d'abord pensé à secouer beaucoup le Cracoucas après son bib pour qu'il régurgite pour de bon. Sauf que Monsieur a l'art de ne pas faire ça au bon moment et à tous les coups, il aurait régurgité alors qu'on l'avait déjà changé.
…il va falloir jouer finement…mais ça doit être possible, non ?
un ravissant ensemble en lin : chemise blanc cassé et petit pantalon gris-vert. RA-VIS-SANT !
Et le tout, pour la modique somme de 10€. Une aubaine !
Ravie de mon achat (effectué au mois d'avril), je sors régulièrement l'ensemble de la commode pour le regarder, en me félicitant d'avoir, certainement, le plus beau bébé à ce mariage (précisons que le bébé est déjà excessivement adorable, mais que l'ensemble ne fera que parfaire le tableau).
Bref. Il ne reste plus qu'à attendre le jour-J….ou du moins c'est ce que je pensais.
Voilà qu'il y a quelques semaines, ma belle-mère et son conjoint (le Coq - longue histoire, ne me demandez pas) arrivent chez nous avec une énoooorme boite Baby Dior…Me sang ne fait qu'un tour…une belle boite comme ça…ça ne peut que signifier le début des emmerdes.
Et de fait, on me tend la boite, je l'ouvre et j'en sors un affreux ensemble : un pantalon avec veste assortie vert d'eau en matière un peu brillante, un t-shirt qui serait pas mal s'il n'y avait pas écrit
DIOR en grand dessus et des chaussettes 'diordiordiordiordior'. Moche, quoi. Enfin surtout pas mon genre du tout du tout.
Bon bon bon… je fais un grand sourire parce que je suis polie 'oh, mais fallait paaaaaas ! Comme c'est gentil!....'
Et ma BM de me répondre : « C'est pour le mariage de Caroline »
Ma tête…. Enfin, je me ressaisis…puis je prépare le terrain : « Ah oui. Oh ! j'espère que ça va lui aller ! Ce sera peut être un peu grand nan ??? »
Tout ça sous la muetterie parfaite de J. qui ne fait rien pour me sauver bien sûr.
Fin de l'épisode 1.
Episode 2 : faut savoir qu'entre temps, J. et moi avions convenu qu'il appellerait sa mère pour lui dire que sur le coup, il n'avait pas voulu les vexer (surtout que c'est le Coq qui est allé à Paris acheter cette ravissante horreur) mais qu'on a déjà prévu un ensemble joli comme tout et que le Cracoucas sera le plus beau et tout et tout.
Enfin…ça c'était dans la théorie, parce que dans la pratique, ça fait un mois que J. a promis de le faire…et pourtant sa mère n'est toujours pas au courant.
Venons-en donc à l'épisode 2 de cette malheureuse affaire.
Samedi dernier, nous étions à Uccle (quartier de ma BM) et j'en ai profité pour m'acheter une jupe et un gilet, parfaits pour le mariage. On rejoint ensuite ma BM et le Coq à leur petit salon de Thé du samedi, puisqu'on est dans le coin.
En arrivant, j'annonce que j'ai acheté une tenue pour le mariage de Caro.
Ma BM et le Coq me dévisagent : « Euh….une tenue….pour toi ? »
Tiens…J. n'a pas dû leur parler de l'ensemble Dior que le Cracoucas ne mettra PAS.
Plus tard, ma BM nous prend à part et nous demande si on compte bien mettre au Cracoucas leur magnifique ensemble Dior.
J. commence : « ben, c'est à dire qu'on avait déjà prévu quelque chose… ». Voyant le visage de ma BM se décomposer, lâchement, j'interviens : « Mais bon, on n'a pas encore décidé. Je vais essayer l'ensemble Dior au Cracouas»
Voilà. On est refaits…
Soit on les vexe à vie mais j'ai le plus beau bébé du monde, soit on se plie à leurs désirs et c'est la première et la dernière fois que la famille de J. voit le Cracoucas (et moi par la même occasion), parce que jamais de ma vie je n'oserai me remontrer devant eux après.
L'épisode 3 sort le 2 juillet.
Mais pas bêtes….on a bien réfléchi et on a mis au point notre scénario. Infaillible, le scénario. Le voici :
On habille le Cracoucas avec son ensemble Baby Dior (comme ça, il sera froissé comme s'il avait été porté). On l'asperge avec son bib du matin. Et puis en arrivant sur place, on annonce que le Cracoucas a vomi/régurgité dans la voiture et qu'en maman prévoyante, j'ai justement prévu un RAVISSANT petit ensemble de rechange : un pantalon gris-vert et une chemise blanc cassé…
On a d'abord pensé à secouer beaucoup le Cracoucas après son bib pour qu'il régurgite pour de bon. Sauf que Monsieur a l'art de ne pas faire ça au bon moment et à tous les coups, il aurait régurgité alors qu'on l'avait déjà changé.
…il va falloir jouer finement…mais ça doit être possible, non ?
Friday, March 04, 2005
Réflexions sur l'égalité des sexes
A l’heure où l’on parle de plus en plus dans les médias de l’égalité entre les hommes et les femmes – et notamment à quelque jour de la journée internationale de la femme, force est de constater que si ce principe est désormais de mieux en mieux ancré dans l’esprit des gens, nous sommes loin encore de la réalité dans la pratique.
Observons pour illustrer ce propos la journée-type d’une jeune famille (avec un enfant de 5 mois - ça pue le vécu)
6h45, le réveil sonne. La maman se lève et après un petit détour par les toilettes où, encore ensommeillée elle manque de se prendre la porte, va réveiller son bébé pour le nourrir.
Pendant ce temps, le papa dort.
7h, La maman pose le bébé avec un jouet dans la main, toujours aussi peu réveillée fait des geste quasi automatiques : mettre la machine à café en route, sortir le chat et allumer la douche. Un passage rapide sous la douche histoire de se réveiller un peu, une tasse de café avalée en 4e vitesse et elle s’habille rapidement.
Pendant ce temps, le papa dort.
7h30, la maman va rechercher le bébé qui pleurniche depuis 10mn – mais qui n’est quand même pas parvenu à réveiller son père malgré tout le boucan. Elle change le bébé, l’habille, lui fait sa toilette, mustela, sérum physiologique, etc. joue un petit peu avec lui
Pendant ce temps, le papa dort.
8h, la maman prépare son sac, le sac du bébé, emmitouffle le bébé dans sa combinaison-écharpe-bonnet-mouffles, met son manteau et est prête à partir à 8h15.
Pendans ce temps, le papa, miraculeusement, a émergé et est prêt à partir.
Tout le monde fonce à la crèche, quelques minutes pour expliquer à la puericultrice que le bébé a bien dormi, bu tout son bib, un dernier bisou au bébé, quelques recommandations (il est un peu enrhumé – il est grognon – il sort une dent – et j’en passe) et hop, on file au bureau.
Pendant toute la matinée, malgré les urgences au bureau, la maman gardera en tête (tout en faisant consciencieusement son boulot) qu’il ne faut pas oublier d’appeler le pédiatre/la baby-sitter/l’ostéopathe (au choix).
A midi, elle foncera à la pharma racheter du lait et du mytosil, et se dépêchera de retourner à son bureau pour passer les coups de fil (au pédiatre/la baby-sitter/l’ostéo etc) en avalant une salade devant son ordi.
Elle tentera pendant l’après-midi de terminer à temps tout son boulot et de faire en sorte que l’éventuelle réunion qui vient s’intercaler en fin de journée termine à temps pour qu’elle puisse courir à la crèche.
A 18h, réunion ou pas, elle devra avoir terminé son boulot, passé tous les messages à son collègue qu’elle laisse derrière elle, et, armée de son sac de la pharmacie, elle foncera à la crèche avant sa fermeture.
Après être passée à la crèche, la maman doit encore filer au supermarché chercher quelque chose à manger. Elle se dépêche parce qu’à cette heure-là, ça grouille de gens qui sortent du boulot et de vieux qui se sentent seuls et qui arpentent les rayons du supermarché en poussant doucement leur caddie, dans le seul but, semblerait-il, de faire râler les pauvres mamans pressées. Et à cette heure-là, le bébé fatigué et qui commence à avoir faim, commence à se tortiller dans tous les sens en chouinant.
A 18h30, elle arrive enfin à la maison. Le papa rentre en même temps.
18h30, la maman fait couler le bain d’une main, le bébé ne voulant plus quitter ses parents après une journée à la crèche.
Pendant ce temps, le papa vérifie ses emails.
19h, après avoir lavé, seché, habillé, cajolé son bébé, la maman, toujours d’un bras, prépare le biberon et le donne au bébé.
Pendant ce temps, le papa – après s’être inquiété de ce qu’il y avait pour le diner – fait chauffer la soupe.
19h15, la maman joue encore un peu avec le bébé.
Pendant ce temps, le papa boit sa soupe.
19h30, Grand moment : le papa prend le bébé pour jouer avec lui.
Pendant ce temps, la maman boit sa soupe froide.
20h, la maman déclare qu’il est l’heure que le bébé aille dormir.
Le papa tend alors le bébé à la maman…
La maman va changer le bébé, le prépare pour le lit, lui fait un calin.
Le papa vient faire un bisou au bébé.
20h15, la maman fait la vaisselle en écoutant d’une oreille les nouvelles et de l’autre le babyphone. Elle interromp le nettoyage des biberons quand le bébé pleure pour aller le calmer.
Pendant ce temps, le papa regarde les nouvelles.
20h30, la maman décide de vite aller se laver les cheveux histoire de ne pas avoir l’air trop horrible le lendemain au bureau.
Pendant ce temps, le papa qui voulait regarder un DVD, rale.
21h, la maman lance une machine, amène le linge propre devant la télé, prépare le fer à repasser.
Pendant ce temps, le papa allume le DVD
22h30, DVD terminé, pile de linge repassée, la maman va vider la machine, en lance vite une autre, va checker ses mails, range un peu le salon et la salle à manger, prépare sa salade pour le lendemain, prépare ses habits pour le lendemain et ceux du bébé.
Pendant ce temps, le papa joue à la play station
23h, va consoler son bébé qui s’est réveillé, se met en pyjama, se prépare à aller se coucher.
Pendant ce temps, le papa crie sur un troll qu’il n’arrive pas à tuer.
23h30, la maman se couche, prend son livre, l’ouvre, se ravise, pose le livre, éteind la lumière et s’endort.
Pendant ce temps, le papa allume la lumière se couche, lit, se retourne, continue à lire décide enfin d’éteindre, s’endort et se met à ronfller.
24h, le papa, le bébé (et le chat) dorment
Pendant ce temps, la maman, réveillée par les ronflements, est assise dans le lit, dans le noir à songer à tout ce qu’elle aura à faire le lendemain.
Et je ne parle là que des mamans qui travaillent. Je n’en pense pas moins des mamans à la maison qui passent leurs journées conduire les aînés à l’école, rentrer et jongler entre le ménage et les pleurs du bébé, passer le mercredi à faire le taxi entre la danse, l’escrime et le solfège, courir d’un enfant à l’autre pour aider aux devoirs tout en remuant de temps en temps le diner qui mijote, et j’en passe et j’en passe et j’en passe.
Moi je vous dis, la journée de la femme à mon avis, ça ne devrait pas être que le 8 mars...ça devrait être tous les jours
Observons pour illustrer ce propos la journée-type d’une jeune famille (avec un enfant de 5 mois - ça pue le vécu)
6h45, le réveil sonne. La maman se lève et après un petit détour par les toilettes où, encore ensommeillée elle manque de se prendre la porte, va réveiller son bébé pour le nourrir.
Pendant ce temps, le papa dort.
7h, La maman pose le bébé avec un jouet dans la main, toujours aussi peu réveillée fait des geste quasi automatiques : mettre la machine à café en route, sortir le chat et allumer la douche. Un passage rapide sous la douche histoire de se réveiller un peu, une tasse de café avalée en 4e vitesse et elle s’habille rapidement.
Pendant ce temps, le papa dort.
7h30, la maman va rechercher le bébé qui pleurniche depuis 10mn – mais qui n’est quand même pas parvenu à réveiller son père malgré tout le boucan. Elle change le bébé, l’habille, lui fait sa toilette, mustela, sérum physiologique, etc. joue un petit peu avec lui
Pendant ce temps, le papa dort.
8h, la maman prépare son sac, le sac du bébé, emmitouffle le bébé dans sa combinaison-écharpe-bonnet-mouffles, met son manteau et est prête à partir à 8h15.
Pendans ce temps, le papa, miraculeusement, a émergé et est prêt à partir.
Tout le monde fonce à la crèche, quelques minutes pour expliquer à la puericultrice que le bébé a bien dormi, bu tout son bib, un dernier bisou au bébé, quelques recommandations (il est un peu enrhumé – il est grognon – il sort une dent – et j’en passe) et hop, on file au bureau.
Pendant toute la matinée, malgré les urgences au bureau, la maman gardera en tête (tout en faisant consciencieusement son boulot) qu’il ne faut pas oublier d’appeler le pédiatre/la baby-sitter/l’ostéopathe (au choix).
A midi, elle foncera à la pharma racheter du lait et du mytosil, et se dépêchera de retourner à son bureau pour passer les coups de fil (au pédiatre/la baby-sitter/l’ostéo etc) en avalant une salade devant son ordi.
Elle tentera pendant l’après-midi de terminer à temps tout son boulot et de faire en sorte que l’éventuelle réunion qui vient s’intercaler en fin de journée termine à temps pour qu’elle puisse courir à la crèche.
A 18h, réunion ou pas, elle devra avoir terminé son boulot, passé tous les messages à son collègue qu’elle laisse derrière elle, et, armée de son sac de la pharmacie, elle foncera à la crèche avant sa fermeture.
Après être passée à la crèche, la maman doit encore filer au supermarché chercher quelque chose à manger. Elle se dépêche parce qu’à cette heure-là, ça grouille de gens qui sortent du boulot et de vieux qui se sentent seuls et qui arpentent les rayons du supermarché en poussant doucement leur caddie, dans le seul but, semblerait-il, de faire râler les pauvres mamans pressées. Et à cette heure-là, le bébé fatigué et qui commence à avoir faim, commence à se tortiller dans tous les sens en chouinant.
A 18h30, elle arrive enfin à la maison. Le papa rentre en même temps.
18h30, la maman fait couler le bain d’une main, le bébé ne voulant plus quitter ses parents après une journée à la crèche.
Pendant ce temps, le papa vérifie ses emails.
19h, après avoir lavé, seché, habillé, cajolé son bébé, la maman, toujours d’un bras, prépare le biberon et le donne au bébé.
Pendant ce temps, le papa – après s’être inquiété de ce qu’il y avait pour le diner – fait chauffer la soupe.
19h15, la maman joue encore un peu avec le bébé.
Pendant ce temps, le papa boit sa soupe.
19h30, Grand moment : le papa prend le bébé pour jouer avec lui.
Pendant ce temps, la maman boit sa soupe froide.
20h, la maman déclare qu’il est l’heure que le bébé aille dormir.
Le papa tend alors le bébé à la maman…
La maman va changer le bébé, le prépare pour le lit, lui fait un calin.
Le papa vient faire un bisou au bébé.
20h15, la maman fait la vaisselle en écoutant d’une oreille les nouvelles et de l’autre le babyphone. Elle interromp le nettoyage des biberons quand le bébé pleure pour aller le calmer.
Pendant ce temps, le papa regarde les nouvelles.
20h30, la maman décide de vite aller se laver les cheveux histoire de ne pas avoir l’air trop horrible le lendemain au bureau.
Pendant ce temps, le papa qui voulait regarder un DVD, rale.
21h, la maman lance une machine, amène le linge propre devant la télé, prépare le fer à repasser.
Pendant ce temps, le papa allume le DVD
22h30, DVD terminé, pile de linge repassée, la maman va vider la machine, en lance vite une autre, va checker ses mails, range un peu le salon et la salle à manger, prépare sa salade pour le lendemain, prépare ses habits pour le lendemain et ceux du bébé.
Pendant ce temps, le papa joue à la play station
23h, va consoler son bébé qui s’est réveillé, se met en pyjama, se prépare à aller se coucher.
Pendant ce temps, le papa crie sur un troll qu’il n’arrive pas à tuer.
23h30, la maman se couche, prend son livre, l’ouvre, se ravise, pose le livre, éteind la lumière et s’endort.
Pendant ce temps, le papa allume la lumière se couche, lit, se retourne, continue à lire décide enfin d’éteindre, s’endort et se met à ronfller.
24h, le papa, le bébé (et le chat) dorment
Pendant ce temps, la maman, réveillée par les ronflements, est assise dans le lit, dans le noir à songer à tout ce qu’elle aura à faire le lendemain.
Et je ne parle là que des mamans qui travaillent. Je n’en pense pas moins des mamans à la maison qui passent leurs journées conduire les aînés à l’école, rentrer et jongler entre le ménage et les pleurs du bébé, passer le mercredi à faire le taxi entre la danse, l’escrime et le solfège, courir d’un enfant à l’autre pour aider aux devoirs tout en remuant de temps en temps le diner qui mijote, et j’en passe et j’en passe et j’en passe.
Moi je vous dis, la journée de la femme à mon avis, ça ne devrait pas être que le 8 mars...ça devrait être tous les jours
Friday, February 25, 2005
Ce qui devait arriver arriva
Bon, j’aurais pu m’en douter, à force de me vanter que le Cracoucas avait une santé de fer, loi de Murphy oblige, fallait bien qu’il tombe malade à un moment . Enfin, on ne va pas se plaindre, il aura tenu presque 8 semaines à la crèche, soit 38 jours complet au milieu des microbes, virus et autres saletés qui traînent dans ces endroits de débauche.
Enfin, reprenons depuis le début, mercredi soir, en allant chercher le Cracoucas, j’apprends à la crèche que les conditions d’admission dépendent de la quantité et de la qualité des excréments de mon fils . Eh oui, à partir du moment où le bébé fait « 2 selles liquides », il est interdit de séjour jusqu’à retour à la normale. Or, il s’avère que ce soir-là Monsieur Cracoucas remplit les critères…et sera donc persona non grata jusqu’à ce qu’il obtienne un sésame du grand manitou, j’ai cité, le pédiatre.
Le Cracoucas n’ayant pas de fièvre, les puer n’avaient pas jugé utile de me prévenir avant que je ne vienne pour le récupérer, mais bon, si elles avaient pensé à me prévenir, j'aurais au moins pu préparer ma journée du lendemain . Me voilà donc à 18h30, dans la rue, bébé assoupi dans son cosy dans une main, téléphone portable dans l’autre, à essayer d’organiser les jours à venir…
Première étape, appeler le pédiatre qui m’explique ce que je dois faire dans l’immédiat et qui me convoque le lendemain à 10h…il n’est pas libre plus tôt. Ensuite, mon patron – là, je dramatise un peu pour qu’il m’accorde un peu de sympathie : « ça ne va pas du toooouuuuuut ! mon bébé est malaaaaaade ! Je l’emmène chez le pédiatre demain matin, et je cherche un mode de garde, je ne sais vraiment pas à quelle heure je pourrai arriver !!!». Bon, pas le choix, le chef accepte mon absence (à condition que je greffe mon portable sur la main)…bon bon bon …
Etape suivante : trouver le moyen d’arriver chez le péd le lendemain, J. étant en tournage toute la journée en dehors de Bruxelles et avec la voiture…quelques coups de fil et on trouve un copain prêt à nous conduire…autres coups de fil et la grand-mère/messie déplace quelques rendez-vous pour garder le Cracoucas le lendemain après-midi…à condition qu’elle ait accès à l’ordi pour pouvoir quand même un peu travailler. Re-coup de fil au bureau, on exagère encore un peu : « bon, j’ai ENFIN réussi à trouver une baby sitter pour demain après midi, je vais donc ESSAYER de venir au bureau l’après-midi ».
Le lendemain, donc, visite chez le ped. Le copain-chauffeur, qui nous attend dans la salle d’attente est persuadé qu’on a pendu le Cracoucas par les pieds et qu’on s’amuse avec des instruments de torture. Et pour cause, le Cracoucas HURLE d’un bout à l’autre de l’auscultation…et pourtant, à part le tâter, le peser et lui regarder les oreilles, le nez, la bouche, le pédiatre ne fait rien de spectaculaire ni traumatisant. D’ailleurs, ce bébé qui hurle sur sa table d’auscultation est le même bébé qui faisait des grands sourires au même endroit, il y a à peine 1 semaine, alors qu’on lui piquait les fesses…allez comprendre.
Verdict : Monsieur Cracouc est mis au régime carottes/pommes pour quelques jours avec qq médicaments. Et interdit de crèche jusqu’à lundi.
On rentre, je file à la pharma, la grand-mère arrive, je cours au boulot, je prends congé pour le lendemain (vendredi) après-midi et je trouve une copine pour me le garder le matin (sont quand même cools, nos copains…).
Bref, j’ai la situation bien en main ….là où j’ai l’impression de m’être fait avoir, c’est que ce matin, en se réveillant, on a trouvé un Cracoucas en pleine forme qui chantait tranquillement à sa souris en peluche, en attendant qu’on vienne le chercher. Il a été adorable toute la journée….et quand je lui ai dit « tu nous a bien eus, en fait tu n’es pas du tout malade, tu voulais juste voir à quel point on allait se mobiliser pour toi ? », il a levé la tête, m’a regardée, m’a adressé un sourire angélique …et moi….ben j’ai fondu bien sûr
Enfin, reprenons depuis le début, mercredi soir, en allant chercher le Cracoucas, j’apprends à la crèche que les conditions d’admission dépendent de la quantité et de la qualité des excréments de mon fils . Eh oui, à partir du moment où le bébé fait « 2 selles liquides », il est interdit de séjour jusqu’à retour à la normale. Or, il s’avère que ce soir-là Monsieur Cracoucas remplit les critères…et sera donc persona non grata jusqu’à ce qu’il obtienne un sésame du grand manitou, j’ai cité, le pédiatre.
Le Cracoucas n’ayant pas de fièvre, les puer n’avaient pas jugé utile de me prévenir avant que je ne vienne pour le récupérer, mais bon, si elles avaient pensé à me prévenir, j'aurais au moins pu préparer ma journée du lendemain . Me voilà donc à 18h30, dans la rue, bébé assoupi dans son cosy dans une main, téléphone portable dans l’autre, à essayer d’organiser les jours à venir…
Première étape, appeler le pédiatre qui m’explique ce que je dois faire dans l’immédiat et qui me convoque le lendemain à 10h…il n’est pas libre plus tôt. Ensuite, mon patron – là, je dramatise un peu pour qu’il m’accorde un peu de sympathie : « ça ne va pas du toooouuuuuut ! mon bébé est malaaaaaade ! Je l’emmène chez le pédiatre demain matin, et je cherche un mode de garde, je ne sais vraiment pas à quelle heure je pourrai arriver !!!». Bon, pas le choix, le chef accepte mon absence (à condition que je greffe mon portable sur la main)…bon bon bon …
Etape suivante : trouver le moyen d’arriver chez le péd le lendemain, J. étant en tournage toute la journée en dehors de Bruxelles et avec la voiture…quelques coups de fil et on trouve un copain prêt à nous conduire…autres coups de fil et la grand-mère/messie déplace quelques rendez-vous pour garder le Cracoucas le lendemain après-midi…à condition qu’elle ait accès à l’ordi pour pouvoir quand même un peu travailler. Re-coup de fil au bureau, on exagère encore un peu : « bon, j’ai ENFIN réussi à trouver une baby sitter pour demain après midi, je vais donc ESSAYER de venir au bureau l’après-midi ».
Le lendemain, donc, visite chez le ped. Le copain-chauffeur, qui nous attend dans la salle d’attente est persuadé qu’on a pendu le Cracoucas par les pieds et qu’on s’amuse avec des instruments de torture. Et pour cause, le Cracoucas HURLE d’un bout à l’autre de l’auscultation…et pourtant, à part le tâter, le peser et lui regarder les oreilles, le nez, la bouche, le pédiatre ne fait rien de spectaculaire ni traumatisant. D’ailleurs, ce bébé qui hurle sur sa table d’auscultation est le même bébé qui faisait des grands sourires au même endroit, il y a à peine 1 semaine, alors qu’on lui piquait les fesses…allez comprendre.
Verdict : Monsieur Cracouc est mis au régime carottes/pommes pour quelques jours avec qq médicaments. Et interdit de crèche jusqu’à lundi.
On rentre, je file à la pharma, la grand-mère arrive, je cours au boulot, je prends congé pour le lendemain (vendredi) après-midi et je trouve une copine pour me le garder le matin (sont quand même cools, nos copains…).
Bref, j’ai la situation bien en main ….là où j’ai l’impression de m’être fait avoir, c’est que ce matin, en se réveillant, on a trouvé un Cracoucas en pleine forme qui chantait tranquillement à sa souris en peluche, en attendant qu’on vienne le chercher. Il a été adorable toute la journée….et quand je lui ai dit « tu nous a bien eus, en fait tu n’es pas du tout malade, tu voulais juste voir à quel point on allait se mobiliser pour toi ? », il a levé la tête, m’a regardée, m’a adressé un sourire angélique …et moi….ben j’ai fondu bien sûr
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